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Accueil > Archives > Axes de recherche : 2012–2017 > Axe 2012–2017 : Histoire et philosophie de la médecine > Réseau d’information scientifique : Philosophie et médecine

Réseau d’information scientifique : Philosophie et médecine



Réseau créé en 2005. Responsables : Claire Crignon : claire.crignon@paris-sorbonne.fr, Marie Gaille : mariegaille@yahoo.fr

Courriel de la liste de diffusion : humanitesmedicales@gmail.com




Présentation

Philosophie et médecine a pour vocation de diffuser des informations scientifiques et de réunir à l’occasion de séminaires, colloques et publications, des spécialistes en sciences humaines et sociales qui travaillent sur l’histoire, les pratiques et les théories de la médecine, les politiques de santé publique et les questions d’éthique médicale.
Ce groupe a été créé en 2005 au sein de l’UMR 5037, où Claire Crignon et Marie Gaille ont été rattachées au cours de leur post-doctorat, et avec laquelle le réseau a conservé des liens nourris.
Il a été initialement fondé pour rompre l’isolement relatif dans lequel ont longtemps travaillé les spécialistes du domaine, chercheurs ou enseignants-chercheurs, en France plus encore que dans d’autres pays.
Depuis 2005, il s’est étoffé et internationalisé. Il s’inscrit aujourd’hui dans un contexte de grand dynamisme scientifique, dont témoigne par exemple l’axe « Histoire et philosophie de la médecine » de l’unité SPHERE, qui accueille aujourd’hui le réseau et dont est membre Marie Gaille.
Avec d’autres structures et réseaux, il souhaite favoriser le partage et l’échange des enquêtes menées sous des bannières disciplinaires différentes : droit, bioéthique, philosophie appliquée, philosophie politique, philosophie morale, philosophie tout court, l’épistémologie, histoire des sciences, anthropologie, sociologie et même archéologie et lettres classiques.



À titre d’exemple de travail commun coordonné par le réseau, on peut mentionner :

  • 28 mai 2005 : Organisation de la journée d’étude « Philosophie et médecine, Le discours médical comme norme de l’existence humaine en Europe, 16e-18e siècle »
  • 21 juin 2008 : Co-organisation avec D. Weber d’une journée d’étude « Le vieillissement et à la prolongation de la vie, 16e-18e siècles ». Les actes ont été publiés dans la revue en ligne Asterion, 8, 2011 (asterion.revues.org)
  • 16 octobre 2009 : Co-organisation avec M. Spranzi de la journée d’étude, « La relation médicale : approches empiriques des questions éthiques », Université de Bourgogne, centre G. Chevrier
  • 17-19 mars 2010 : Co-organisation avec Cl. Crignon d’un colloque international « Qu’est-ce qu’un bon médecin ? Qu’est-ce qu’’un bon patient ? », Université Paris Descartes et Université de Bourgogne. Les actes ont été publiés par M. Gaille et Cl. Crignon : Qu’est-ce qu’un bon patient ? Qu’est-ce qu’un bon médecin ? Paris, Séli Arslan, 2010


Une partie des membres du réseau a poursuivi les recherches au sein du projet ANR La Refonte de l’homme (http://www.philomed.univ-paris8.fr).



Philosophie et médecine s’est doté d’un annuaire des chercheurs régulièrement mis à jour. Ceux qui souhaitent faire partie de ce groupe de travail doivent nous contacter aux adresses électroniques indiquées ci-dessus et rédiger une notice d’une dizaine de lignes mentionnant leurs objets, leur corpus d’étude (ou leurs matériaux), leurs outils bibliographiques ou méthodologiques spécifiques.


Du point de vue théorique, face à des questionnements sur les pratiques liées à l’exercice de la médecine et de la recherche biomédicale aujourd’hui, l’objectif de ce groupe est de proposer un éclairage de longue durée des interrogations, prises de position et problèmes contemporains. L’histoire de la philosophie, des sciences, de la médecine elle-même, mais aussi de la pensée politique, morale et anthropologique peut en effet contribuer de façon précieuse, en la mettant en perspective, à éclairer le sens d’une question et les implications des différentes réponses qui lui sont données de nos jours. L’histoire et la conceptualisation philosophiques offrent ainsi de précieuses ressources pour poser des questions relatives au phénomène de médicalisation de l’existence et aux normes morales et politiques qui l’accompagnent, la fondent et l’orientent.


Par ailleurs, il est nécessaire pour qui s’intéresse aux pratiques liées à l’exercice de la médecine ou de la recherche biomédicale, d’avoir une pratique philosophique réfléchie. En effet, on ne peut en toute innocence s’intéresser philosophiquement à la médecine. Ces deux disciplines ont historiquement noué des liens forts. La médecine, par son langage, son mode de raisonnement, la vision de l’homme qu’elle a contribué à bâtir, a notablement pénétré le propos philosophique.
Dans cette perspective, trois aspects ont été particulièrement privilégiés depuis 2005.

- la « tradition médico-philosophique »

  • L’expression de « tradition médico-philosophique » est de J. Pigeaud (Les maladies de l’âme à l’âge antique). Elle renvoie à la réflexion que les médecins proposent eux-mêmes au sujet du savoir et des pratiques médicales et de la place que la médecine doit tenir dans l’existence des individus. Ainsi par exemple Galien fait partie de ces médecins qui considèrent que la médecine doit toujours accompagner la philosophie et que le philosophe doit aussi se faire médecin ou le médecin philosophe. On peut aussi renvoyer, sur ce thème, à l’œuvre de P. Pinel et à son Traité médico-philosophique sur l’aliénation mentale.

    Quels sont les moments marquants de ce qu’on peut considérer comme une « tradition médico-philosophique » ? Comment médecine et philosophie ont-elles dialogué depuis l’antiquité ? Quels modèles politiques, religieux, esthétiques cette tradition médico-philosophique a-t-elle offert aux autres discours (qu’il s’agisse de l’anatomie, de la dissection, du régime…) ?

- le rôle de la médecine dans l’élaboration d’une anthropologie philosophique

  • Dans quelle mesure peut-on considérer que les connaissances médicales ou la pratique médicale ont contribué à faire émerger des problématiques philosophiques spécifiques, ou contribué à transformer de manière significative un débat, un problème ? Par exemple, quelles ont été les conséquences de la pratique de l’anatomie dans les représentations et les conceptions philosophiques de la nature de l’être humain ? Ou bien encore, quel est l’effet philosophique de la découverte du principe de la circulation du sang par W. Harvey ? Dans ce questionnement, la part anthropologique occupe une place centrale dans la réflexion philosophique avant que l’anthropologie n’émerge comme une discipline à part entière et encore après l’avènement de celle-ci. Par ailleurs, quelques catégories, telles que celle de la norme, nous semble devoir faire l’objet d’un traitement privilégié dans l’analyse de cette interaction entre médecine/philosophie/anthropologie.

- le rôle de la philosophie dans la réflexion sur le corps, la maladie, la santé, la naissance, le vieillissement et la mort

  • Au-delà des métaphores que la médecine fournit à la philosophie, on pourra se demander comment penser aujourd’hui le rôle de la philosophie vis-à-vis de l’évolution des pratiques médicales, que ce soit du côté des soignants ou de celui des soignés. Il ne va en effet pas de soi de considérer que « l’éthique médicale » répondrait aujourd’hui à cette tâche. Comment la réflexion philosophique peut-elle appréhender la nature de l’expérience que fait le sujet malade ou aider à mesurer les enjeux et les difficultés liés à la prise de décision médicale ? Peut-elle plus largement contribuer à éclairer les raisons pour lesquelles la médecine semble avoir pris aujourd’hui le relais de la religion dans la recherche du salut individuel ou collectif (idéal d’une santé parfaite, mode de la médecine de soi, culte du corps) ? Ne faut-il pas aussi prendre la mesure éthique et politique du fait que les limites de ce qui est apparu jusqu’à présent comme une existence finie (la naissance, la mort) tendent à être redéfinies au fur et à mesure de l’évolution des techniques médicales de réanimation ou du perfectionnement de l’art de guérir ?



Claire Crignon et Marie Gaille