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Accueil > Séminaires en cours > Terrain de sciences : usages de l’ethnographie en histoire, philosophie et anthropologie des sciences

Axe Interdisciplinarité en Histoire et Philosophie des Sciences

Terrain de sciences : usages de l’ethnographie en histoire, philosophie et anthropologie des sciences



Séminaire organisé par Éric Vandendriessche et Guillaume Lachenal, avec la collaboration de Marie Gaille



PRESENTATION

Ce séminaire a pour objectif d’explorer, sur les plans théorique et empirique, la manière dont des recherches en histoire et philosophie des sciences peuvent mettre en œuvre des méthodes ethnographiques – entendues au sens large de l’enquête de terrain, telle qu’elle est pratiquée par l’ethnologie comparée et participative, les études sur les sciences ou l’anthropologie sociale et culturelle.

Il s’agira, d’une part, d’apporter des éclairages sur les débats (passés et actuels) – tout à la fois en anthropologie, philosophie, ethnomathématique, ethnoscience… – sur les méthodes de l’ethnographie (dans divers contextes) et de leur intérêt scientifique. D’autre part, ce séminaire sera un espace de réflexion collective pour travailler les questions que soulèveront les divers travaux menés au SPHERE dans la thématique « Terrain de sciences : usages de l’ethnographie en histoire, philosophie et anthropologie des sciences ».

Archives : 2017-2018


PROGRAMME 2018-2019 : actualisation sur cette page au deuxième semestre




PROGRAMME 2017–2018
Un vendredi par mois – de janvier à avril 2018 – de 14h à 16h, à l’université Paris Diderot, bâtiment Condorcet, salle 646A-Mondrian, 4, rue Elsa Morante, 75013 Paris – plan

19 janvier 2018

  • Quentin Lade (doctorant, SPHERE)
    Une ethnographie des pratiques expérimentales dans un laboratoire de neurobiologie.
    Cette présentation, issue d’une enquête ethnographique dans un laboratoire de biologie à Bordeaux, propose des pistes pour repenser le laboratoire comme terrain et une réflexion sur le rôle de l’image en science expérimentale. Après une analyse critique de la démarche empirique de Bruno Latour et Steve Woolgar dans La vie de laboratoire et des positions plus récentes de Latour sur le rôle de l’anthropologie pour l’étude des sciences, je décrirai ainsi un épisode ethnographique de production d’une image scientifique.
    Un regard critique sur les ethnographies de laboratoire existantes m’a conduit à faire le choix d’une d’observation participante aux expérimentations et non seulement à la vie sociale du laboratoire. Une telle méthode m’a permis de porter une attention particulière aux enjeux matériels de production de l’image. Au fil de la description du parcours de production d’une « belle image » destinée à figurer dans un article scientifique, cette dernière apparaît comme le témoin des pratiques expérimentales et des vertus scientifiques des biologistes.
    Lors de cette présentation, je proposerai ainsi une réflexion sur le positionnement de l’ethnographe vers ses sujets d’enquête et sur son entrée dans le laboratoire. J’aborderai également la question des relations entre enquête ethnographique et histoire des sciences.


16 février, !!! exceptionnellement 13:00 – 15:00 !!!

  • Mathilde Lancelot (doctorante, SPHERE) 
    Un "terrain" en neurologie : Démarche, place et questionnements.
    Que fait un philosophe sur un terrain ? 
Partant de cette question qui s’impose dans un contexte académique français, cette présentation propose d’aborder la thématique de la position d’un philosophe sur un / des terrain(s). Au regard de mon sujet de recherche portant sur les enjeux philosophiques de la pratique de stimulation cérébrale profonde, ces terrains furent ceux de services de neurovasculaire, de neurologie et de neurochirurgie, en contexte hospitalier. 
Dans un premier temps, il s’agira de décrire deux expériences de terrain afin d’en illustrer la démarche, les obstacles et questionnements sous-jacents. En écho à ces expériences, le second temps de ce propos étayera une position, en trois étapes, appuyée sur trois auteurs principaux contemporains : Jean-François Braunstein, Eric Chauvier et Marc Hunyadi. Un troisième temps abordera le choix de la méthode utilisée, à savoir : observations non participantes et entretiens semi directifs qualitatifs. Cette méthode fait dialoguer philosophie et anthropologie. Nous visons ainsi à démontrer l’apport d’un terrain, pour un corpus de philosophie de la médecine, ses finalités, sans en oublier ses limites.


16 mars

  • Lucia Candelise (SPHERE) et Gilles Remillet (H.A.R, Université Paris Ouest La défense) 
    Approches filmiques du terrain en anthropologie médicale : le double regard de l’enquêteur.
    Les questions relatives aux mouvements de circulation, de transfert et de réinterprétation des savoirs issus des médecines asiatiques constituent de nos jours un champ d’étude spécifique des sciences sociales. Les travaux autour de la médecine chinoise qui se sont développés à partir des années 1970 (Charles Leslie 1976, Paul Unschuld 1998, or Volker Scheid 2002) constituent, en effet, de bons exemples d’apports scientifiques en histoire contemporaine, sociologie, anthropologie sociale et culturelle.
    Bien que cette réflexion demeure une référence, en quoi d’autres approches complémentaires, fondées sur l’utilisation des images (anthropologie visuelle et Visual Studies) peuvent-elles également contribuer à enrichir ce champ d’étude ?
    Comment les questions relatives aux raisonnements médicaux, aux gestes thérapeutiques et à la théâtralité des émotions, au rapport au corps dans la relation thérapeutique peuvent être abordés par l’image d’un point de vue méthodologique et heuristique ? Comment transcrire l’imbrication des significations sensorielles, physiques et symboliques qui se révèle simultanément dans l’espace et dans le temps même des relations thérapeutiques spécifiques des médecines asiatiques ? En quoi l’expérience audiovisuelle permettrait de dépasser les éventuelles limites que le rendu écrit impose ? Permet-elle de dépasser la description diachronique et segmentée des situations relationnelles extrêmement complexes ?
    À partir de consultations filmées auprès de médecins acupuncteurs nous présenterons quels dispositifs d’enregistrement vidéographique nous ont parus les plus adéquats pour saisir quelques-unes des composantes essentielles de la relation thérapeutique en acupuncture. Nos analyses porteront sur la manière dont les interprétations médicales se construisent à partir de ce que les patients expriment de leurs corps souffrants. Nous montrerons ainsi que la place accordée par les médecins au corps, à la parole du malade et à ses émotions dans la construction de « la maladie » sont autant d’éléments qui entrent dans le cadre de la formulation d’un diagnostic et d’une recherche d’une solution thérapeutique adaptée.
    Ainsi, malgré les restrictions relatives au milieu étudié, respect du secret médical et de son éthique professionnelle, nous montrerons combien l’usage du film comme pratique d’enquête s’est révélé particulièrement fécond sur le plan de la production des données ethnologiques et de leur analyse. Nous présenterons ainsi le cadre méthodologique et technique de nos tournages en « équipe » qui ont conduit autant Gilles Remillet que Lucia Candelise à assister ensemble aux mêmes situations cliniques et qui a permis, sur le plan heuristique, de confronter nos interrogations et interprétations respectives à partir des situations filmées. Cela afin de montrer l’apport qu’offre le film pour une anthropologie des relations médecin/malade en acupuncture, et au-delà, des pratiques de soins en situation clinique.


13 avril

  • Jean-Pierre Llored (SPHERE)
    La chimie : explorations anthropologiques et épistémologiques.
    Dans cet échange, nous évoquerons deux études que nous avons menées dans des laboratoires de recherche et/ou des industries. La première concerne la conception et l’utilisation de méthodes quantiques chimiques ; travail que nous avons réalisé durant notre thèse de doctorat. Nous montrerons comment cette immersion dans les pratiques des scientifiques permet d’éclairer certains débats philosophiques comme, par exemple, celui relatif à la réduction de la chimie à la physique, ou celui opposant partisans de l’émergence et leurs détracteurs. Nous exposerons ensuite les premiers résultats d’une enquête en cours portant sur l’institutionnalisation, la signification et la portée de la chimie verte et durable. Ces exemples seront l’occasion de réfléchir, ensemble, sur les usages d’études de terrain en épistémologie, histoire et philosophie des sciences, sur la signification que l’on peut donner à ces études, et sur la pertinence, ou l’absence de pertinence, d’oppositions actuelles entre approches philosophiques différentes, continentales, analytiques, ou de toute autre nature.