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Accueil du site > Archives > Anciens projets de recherche financés > Histoire des tables numériques > Séminaires du projet HTN > Journée d’étude HTN, 16 mai 2012

Journée d’étude HTN, 16 mai 2012

Tables des ingénieurs, des artilleurs et des marins (1850-1950)

Journée d’étude HTN sur la construction et l’utilisation pratique des tables numériques et graphiques utilisées par les ingénieurs, les artilleurs et les marins (1850-1950).
Université Paris-Diderot, bâtiment Condorcet, salle 483A-Malevitch, 9h30-18h30.
Séance préparée par Dominique Tournès.




La question de la résistance de l’air à l’avancement des projectiles et son application aux tables de tir pendant la Première Guerre mondiale

Claudine Fontanon (EHESS & Centre Alexandre-Koyré)

Résumé. Au début de l’année 1918, George Darrieus, un jeune centralien, capitaine d’artillerie en 1917, met à profit sa convalescence pour réfléchir à l’amélioration de tirs d’artillerie et propose au Comité central de l’artillerie deux notes théoriques sur une nouvelle loi de la résistance de l’air tenant compte de l’effet de la température de l’air sur la vitesse du son de même que les conséquences pratiques de la loi pour la correction des tables de tir. Nous analyserons comment le physicien Paul Langevin, chargé d’expertiser ces notes théoriques, a mis au point une méthode expérimentale (la première soufflerie balistique jamais construite) pour vérifier la justesse des propositions théoriques de Georges Darrieus et convaincre la Comité central de l’artillerie d’adopter ses conclusions. À l’après guerre, l’Académie des sciences reconnaîtra toute la valeur des recherches théoriques du jeune centralien alors que son nom reste associé pour les ingénieurs militaires à "l’effet Darrieus" enseigné dans les écoles d’artillerie.


The Use of Differential Variations in Range Firing Table Construction in the American Army After World War I

Alan Gluchoff (Villanova University, Pennsylvania, USA)

Abstract. At the beginning of World War I a call for participation in the solution of ballistic problems was issued to the American mathematical community by Oswald Veblen of Princeton University. As a result of this call much mathematical activity was undertaken at the newly formed Aberdeen Proving Grounds and in Washington D.C. as an extensive revision of ballistic theory and practice was undertaken. An important part of this activity was the creation by Forest Ray Moulton and Gilbert Ames Bliss of the University of Chicago of a coherent theory of differential variations : an account of how various small factors such as changing winds, air density, and minute changes in gun elevation and initial velocity can affect the trajectory of a projectile. These variations were incorporated in new range firing tables produced in Washington and Aberdeen, but were also used in the determination of the main table data such as ranges. We will describe the mathematics of these variations, their role in the overall ballistic theory, as additions to the main entries in the firing tables, and their use in producing the entries themselves.

Sur les tables de marées

Marie-José Durand-Richard (Université Paris 8-Vincennes-Saint-Denis et SPHERE-REHSEIS)

Résumé. À partir des années 1830, aussi bien en Grande-Bretagne qu’en France, le calcul de la prédiction des marées bénéficie de l’apport de l’enregistrement en continu de la courbe de hauteur des marées sur le marégraphe. Sur le plan théorique, la Mécanique Céleste (1799-1802) de Pierre-Simon de Laplace (1749-1827) permet d’étayer de nouveaux calculs analytiques pour améliorer la réalisation des tables de marées. Les méthodes de calcul vont pourtant différer de part et d’autre de la Manche. En Grande-Bretagne, le vaste programme d’observations coordonné pendant plus de vingt années par la British Association for the Advancement of Science et la Royal Society va nourrir la promotion de l’analyse harmonique du phénomène des marées. Les deux machines conçues et réalisées sous la direction de William Thomson – le futur Lord Kelvin (1824-1907) – joueront un rôle majeur dans l’extension de ces prévisions aux côtes de l’empire britannique tout entier. En France, les améliorations que l’ingénieur hydrographe Antoine-Marie-Rémi Chazallon (1802-1872) apporte à la théorie de Laplace dans les années 1840 déboucheront sur une structuration des méthodes de calcul autour de l’équation de Laplace-Chazallon. Ce mode d’organisation du calcul résistera plus longtemps à cette promotion de l’analyse harmonique des marées, et à l’importation des machines britanniques.

Tables de calculs nautiques au début du XXe siècle - étude d’un exemple : les tables de Bertin

Marie-Cécile Kasprzyk-Istin (Laboratoire Jean-Leray, Université de Nantes)

Résumé. La généralisation du calcul de la position d’un navire par lieu géométrique, suite à la découverte de Sumner en 1837, et surtout aux travaux de Marcq Saint-Hilaire, conduit à la publication de nouvelles tables de calculs nautiques. En effet, de nombreux marins, de la fin du XIXème siècle, rechignent à recourir aux logarithmes et aux règles de signe nécessaires au calcul des éléments du point « Marcq ». Deux voies différentes sont alors ouvertes. D’une part, une intensification de la pratique du calcul nautique, dans les écoles, à l’aide de nouvelles tables de logarithmes, en particulier celle de Friocourt. D’autre part, la mise à la disposition des navigateurs de tables abréviatives reposant sur des procédés de pré-calcul. Bertin développe pendant trente-cinq ans sa table d’azimut ainsi qu’une méthode qui lui est associée. Il cherche à la fois à faciliter le travail du navigateur et à s’adapter à des navires et à des avions de plus en plus rapides. Ce professeur d’hydrographie choisit de simplifier la « méthode Marcq » en divisant le triangle de position en deux triangles rectangles par une perpendiculaire issue du zénith et en substituant un point auxiliaire au point estimé. Ce principe, qui avait été développé par Souillagouët quelques années auparavant, inspirera de nombreux autres chercheurs dans le monde entier (Japon, Portugal …). Le travail de Bertin, bien qu’officiellement reconnu, reçoit peu d’écho auprès de ses collègues des Écoles de navigation. D’ailleurs, les tables de Labrosse, Decantes, Bataille, éventuellement Souillagoët, mais surtout Perrin connaissent davantage de développement dans les livres de cours de navigation des premières décennies du XXème siècle.

The Design, Teaching, and Use of Tables : From the University of Göttingen to Industrial Research Institutions

Renate Tobies (Friedrich-Schiller-Universität, Jena, Germany)

Abstract. Carl Runge’s new understanding of applied mathematics included the development of numerical and graphical tables. This lecture will explain Runge’s table concept for solving differential equations, and how his German and foreign students learned and perpetuated his ideas. Especially, it will be demonstrated that industrial researchers, educated in Göttingen, were empowered to use and design tables for many different applications.