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oriens Occidens

Numéro 3

PRÉFACE

par Roshdi Rashed

 Dès sa création, Oriens-Occidens s’est fixé la tâche de publier les Actes, pourrait-on dire, des journées thématiques du Centre d’Histoire des Sciences et des Philosophies Arabes et Médiévales.

Tel était l’objet des deux précédents numéros, tel est aussi l’objet de ce troisième volume. On y trouvera les travaux de trois journées. La première était consacrée à la sémiologie d’Aristote et de certains de ses commentateurs ; la seconde portait sur la Physique d’Oresme, et la troisième traitait de l’Algèbre en Chine.

 Un lecteur peu informé de l’activité du Centre pourrait, à bon droit, s’étonner de l’amplitude du spectre qui s’étend de l’Espagne musulmane, avec Averroès, jusqu’à la Chine, en passant par Athènes. Il pourrait aussi s’interroger sur les raisons qui nous animent. Celles-ci, en fait, sont de deux ordres. Les premières renvoient à une conception des rapports entre science et philosophie, déjà visés dans l’intitulé même de notre Centre ; les secondes relèvent de la représentation que nous faisons du Moyen Age et de sa place dans la périodisation traditionnelle.

 L’historien de la philosophie ne peut pas négliger l’histoire des sciences s’il cherche à saisir la signification exacte de l’émergence des nouvelles formes de rationalité. Réciproquement, l’historien des sciences ne peut pas faire l’économie de l’histoire de la philosophie s’il estime que ce sont les philosophes du temps qui expriment le mieux la conscience de ces formes - si toutefois celles-ci peuvent être exprimées.

Cette double démarche est à l’évidence ardue et exigeante. Les travaux parus dans Oriens-Occidens sont autant de tentatives pour établir ce dialogue nécessaire entre histoire des sciences et histoire de la philosophie. De la réussite de l’entreprise, le lecteur jugera.

 Du Moyen Age, une fois débarrassé de toutes les déterminations partielles et illusoires, il ne restera que la seule dimension temporelle : un rapport de contemporanéité. On sait bien aujourd’hui, à titre d’exemple, que la distance qui séparait Latins et Arabes au Xe siècle est au moins aussi grande que celle qui sépare les premiers de leurs héritiers du XVIe siècle. C’est dire que, ramenée à sa véritable détermination temporelle, l’expression « Moyen Âge » semble éclater en des éléments hétérogènes, fussent-ils contemporains. Le Moyen Âge s’étend alors bien au-delà des limites dans lesquelles l’avaient enfermé les philosophes et les historiens depuis la seconde moitié du XVIIIe siècle, et sa propre multiplicité interdit, aussi bien in jure que de facto, de le placer entre une Grèce décadente et une Europe renaissante.

L’historien ne pouvait dans ces conditions qu’élargir la perspective et multiplier les horizons. Il lui fallait intégrer les langues et les cultures de la Méditerranée, mais aussi le persan, le sanscrit et le chinois. Ce ne sont nullement nos goûts qui nous ont engagé sur ce chemin, mais deux sortes d’exigences. La nécessité, tout d’abord, d’établir les traditions textuelles : sources, variations, faits, transmissions, etc. Tout cela s’impose avec évidence tant que l’on reste dans le cadre de la Méditerranée : les exemples abondent en astronomie, mathématiques, médecine, et dans toutes les branches du savoir. Mais un regard plus attentif sur la Science-monde de l’époque montre que l’Inde n’en était pas complètement absente. Quant à la contribution de la Chine à ce mouvement, c’est encore un gage de la recherche future, recherche qui pour l’heure commence à peine.

La prise en compte d’un spectre culturel aussi vaste, outre sa nécessité du point de vue de l’Histoire, présente également l’avantage de constituer un garde-fou méthodologique : il nous préservera des dangers du particularisme et contribuera à nous garantir de toute tendance apologétique.Quant aux autres exigences, elles résultent de l’identification de structures conceptuelles différentes, dont la comparaison se révélera féconde pour l’historien. C’est par exemple le cas de l’Algèbre d’al-Khwârizmî, confrontée à cette activité de type algébrique en Chine, que l’on évoquera plus loin.

NUMÉRO 3

(2000)


- Roshdi RASHED : Préface,


Aristote : preuves et signes

- Pierre PELLEGRIN : Introduction, p.3-4
- Michel CRUBELLIER : Aristote et l’inférence au moyen des signes, p. 5-24
- Theodor EBERT : Un signe mal entendu : le signe du lait, p. 25-39
- Abdelali ELAMRANI-JAMAL : La démonstration du signe (burhan al-dalil) selon Ibn Rušd, p. 41-61


La Physique de Nicole Oresme

- Jean CELEYRETTE : Introduction, p. 65-66
- Edmond MAZET : Un aspect de l’ontologie d’Oresme : l’équivocité de l’étant et ses rapports avec la théorie des Complexe significabilia et avec l’ontologie oresmienne de l’accident, p. 67-89 :
- Jean CELEYRETTE : Le statut des mathématiques dans la ,Physique d’Oresme, p. 91-113
- Stefano CAROTI : Nicole Oresme et les Modi rerum, p.115-143
- Stefan. KIRSCHNER : Oresme’s Concepts of Place : Space and Time in his Commentary on Aristotle’s,Physics, p. 145-179


L’algébre en Chine

- Annick HORIUCHI : Introduction, p. 183-187
- Karine CHEMLA : Les problèmes comme champ d’interprétation des algorithmes dans les ,Neuf chapitres sur les procédures mathématiques et leurs commentaires. De la résolution des systèmes d’équation linéaires, p. 189-234 :
- Annick HORIUCHI : La notion de ,yan duan : quelques réflexions sur les méthodes « algébriques » de résolution de problèmes en Chine aux Xe et XIe siècles, p. 235-258
- Andrea BRÉARD : La recomposition des mathématiques chez Zhu Shijie : la constitution d’un domaine spécifique autour du nombre « quatre , p. 259-277