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LACOMME Marie


Doctorante, Université de Paris 7 Diderot, SPHere

Me contacter : marie.lacomme@etu.univ-paris-diderot.fr




- Thèse
- Cursus
- Communications



THESE



Titre de la thèse :
Du singe à l’homme : dépasser la césure homme-animal dans les sciences du comportement humain
Analyse épistémologique de la démarche et des résistances qu’elle engendre


Directeur :
Stéphane Schmitt


Résumé :
Pour les biologistes, l’Homo sapiens est un primate (Primates), parmi les primates un singe (Simiiformes), et parmi les singes un anthropoïde (Anthropoidea) membre de la famille des hominidés (Hominidae) à laquelle appartiennent aussi les orangs-outans, les gorilles et les chimpanzés , également appelés « grands singes ». Néanmoins, la tradition dite de « l’exception humaine » (Schaeffer, 2007) selon laquelle l’homme se distinguerait essentiellement des animaux et différerait donc radicalement des espèces avec lesquelles cette classification l’apparente, s’est maintenue dans une grande part de la psychologie, de la sociologie et de l’anthropologie, dans un paradigme que nous choisirons de désigner comme celui des sciences humaines et sociales classiques. Depuis la fin du XXème siècle cependant, la tendance à franchir la frontière traditionnellement tracée entre « l’Homme » et « l’animal » se répand ostensiblement dans les différentes sciences du comportement humain. Cette tendance se matérialise par l’apparition de nouvelles approches du comportement humain, comme l’écologie comportementale humaine, la psychologie évolutionniste ou l’anthropologie évolutive par exemple, dont le modèle vient concurrencer le « modèle standard des sciences sociales » (Tooby & Cosmides, 1992) . On considère en effet dans ces disciplines que l’espèce Homo sapiens est une espèce comme les autres et donc que l’on peut étudier ses comportements à l’aide des mêmes principes et méthodes que ceux des autres espèces animales, à savoir, grâce à une approche fonctionnaliste et évolutionniste identique à celle mise en œuvre dans l’étude du comportement animal en biologie évolutive. En vertu de leur proximité phylogénétique avec l’Homo Sapiens, l’étude des primates non-humains et en particulier des grands singes, est considérée comme une voie privilégiée pour l’appréhension des comportements humains et de leur évolution. Mais ce dépassement ne va pas de soi, puisqu’il oblige également à franchir la frontière qui a historiquement divisé les disciplines scientifiques en sciences naturelles d’une part et en sciences humaines et sociales de l’autre, et a conduit à attribuer à chacune de ces deux classes des méthodes différentes.
Les scientifiques qui travaillent dans le champ des « sciences sociales évolutives » (Smith, 2001) , et notamment certains primatologues, ont donc un verrouillage disciplinaire à surmonter et une barrière conceptuelle très enracinée dans les représentations traditionnelles à franchir. Cela ouvre un champ de réflexion particulièrement riche pour la philosophie des sciences. Quels fondements conceptuels, théoriques voire philosophiques justifieraient un dépassement de la frontière homme-animal dans l’étude du comportement humain ? Peut-on retracer la filiation historique de cette conception ? Quelle place occupe la primatologie au sein de ce champ ? En quoi consiste précisément le travail des scientifiques qui suivent cette démarche ? Où l’idée rencontre-t-elle des résistances et sous quelles formes se présentent-elles ? Ce sont ces multiples enjeux que cette thèse s’attachera à éclairer.




CURSUS




- Master de philosophie des sciences (Paris 1 Panthéon-Sorbonne, 2018)

- Formation complémentaire (validation d’UE) en biologie évolutive : écologie comportementale et primatologie (UPMC et MNHN, 2018)

- Licence de philosophie, parcours logique et philosophie des sciences (Paris 1 Panthéon-Sorbonne, 2016)




COMMUNICATIONS



« Comparaison des motifs d’association dyadique selon le sexe dans une communauté de bonobos (Pan paniscus) », 31ème colloque de la Société Francophone de Primatologie, 17-19 octobre 2018, Paris


« Analyse épistémologique de l’approche évolutionniste des comportements des Hominini », Séminaire Théories et Pratiques de l’Interdisciplinarité du Musée de l’Homme, 17 décembre 2017, Paris