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Axe Histoire et philosophie des sciences de la nature

Histoire et philosophie de la chimie


Organisation : Jean-Pierre Llored (Research associate, laboratory SPHERE, University Paris 7, France ; Research associate, laboratory LIED, University Paris 7, France ; Département d’histoire et de philosophie des sciences de l’Université de Cambridge, Royaume-Uni ; Linacre College, Oxford, Royaume-Uni)



Présentation

La philosophie de la chimie est un domaine de réflexion peu connu, en pleine expansion, qui ouvre des perspectives de réflexion sur les sciences et les techniques, souvent différentes et complémentaires des perspectives ouvertes par la philosophie de la physique, de la biologie et des mathématiques. Ce séminaire sera, en particulier, un lieu d’échanges entre historiens, philosophes, chimistes, scientifiques d’horizons divers, étudiants et toute personne intéressée par le sujet. Il entend favoriser le dialogue entre philosophes et historiens et donner la parole aux différentes approches historiques et philosophiques en respectant leurs singularités.

Il permettra d’aborder certaines questions centrales que posent cette discipline scientifique : réduction de la science chimique à la physique quantique ou émergence d’un niveau d’organisation irréductible, traits absolus ou relationnels des éléments chimiques, propriétés catégoriques ou dispositionnelles, métaphysique des substances, insertion de la chimie dans un réseau socio-historique étendu à l’industrie, étude de la chimie selon l’axe science-technique-société-environnement, etc. Les questions épistémologiques, ontologiques, politiques et éthiques feront l’objet d’une attention toute particulière.

Archives : 2016–2017, 2017–2018



PROGRAMME 2018-2019 : actualisation sur cette page en septembre




PROGRAMME 2017-2018
Séances le mercredi ou le jeudi, bâtiment Condorcet,
Université Paris Diderot, 4, rue Elsa Morante, 75013 Paris – plan d’accès.
1 23/11 Berthelot, la thermochimie, les atomes [...] V. Antzoulatos 412B
2 13/12 Qu’est-ce que l’eau pour les chimistes du XVIIIe [...] C. Lehman 646A
2018
3 24/1 Chemistry without atoms. K. Ruthenberg 646A
4 08/2 Recyclage des déchets [...]
Ethical responsibilities [...]
J.-B. Fressoz
T. Børsen
412B
5 07/3 Robert Boyle and the Relational and Dispositional [...]
Les qualités opérationnelles chez Diderot [...]
M. Banchetti-Robino
F. Pépin
412B
6 08/3 Entre nature et artifice : la chimie biomimétique.
Entre le naturel et l’artificiel :[...]
B. Bensaude-Vincent
B. Van Tiggelen
646A
7 04/4 Report de la séance au 26/6 M. Arnoux
J.-P. Llored
646A
8 03/5  !! reportée à une date ultérieure !! B. Demeneix
J.-P. Llored
412B
7 26/6 Chimie et matériologie M. Arnoux
J.-P. Llored
412B
9 27/6 Biologie et chimie (séance 1) Q. Hiernaux
J.-P. Llored
412B
8 29/6 Chimie et santé B. Demeneix
J.-P. Llored
351A
10  ?/9 A tapestry of values [...] K. Elliott tba

23 novembre, salle Rothko, 412B, 14:00–16:00

  • Vangelis Antzoulatos (Université de Lille 1)

    Berthelot, la thermochimie, les atomes : des combats d’arrière-garde ?

    Marcellin Berthelot est un personnage controversé dans l’historiographie, c’est le moins que l’on puisse dire. Il est souvent décrit comme un mandarin qui usait de son pouvoir politique pour réduire ses détracteurs au silence et imposer sa propre vision. Sa controverse avec Pierre Duhem au sujet du principe du travail maximum en est une bonne illustration. En 1884, ce dernier publie une thèse sur le potentiel thermodynamique dans lequel il popularise en France les théories de Clausius et Gibbs et applique à l’équilibre chimique les principes de la thermodynamique. Or ces théories vont à l’encontre des idées de Berthelot sur le sujet, et surtout montrent que son principe du travail maximum ne tient pas face à l’épreuve des faits. La conséquence sera brutale pour le jeune Duhem : il se voit refuser le droit de soutenir sa thèse et sera en outre tenu à l’écart de Paris tout au long de sa carrière.
    Une autre zone d’ombre est la position de Berthelot à l’égard de la théorie atomique. Son « aveuglement » supposé sur la question, et même son obstination à ne pas « croire » aux atomes après le congrès de Karlsruhe de 1860, l’aurait conduit à censurer cette théorie féconde dans l’enseignement de la chimie en France, ce qui aurait entraîné le retard de l’industrie chimique française sur celle de l’Allemagne.
    L’objet de mon intervention sera de questionner cette vision caricaturale de l’homme et du chimiste. N’avait-il pas ses raisons propres de défendre un point de vue alternatif à l’atomisme ? Cette position est-elle justifiée par une adhésion dogmatique au positivisme, comme cela est souvent prétendu, ou bien par une nécessité imposée par sa manière de pratiquer la chimie ? Et quel cheminement dans sa pensée le mène jusqu’à la thermochimie ? Aborder ces questions nous permettra dans le même temps de restituer la cohérence de l’œuvre protéiforme du chimiste.


Mercredi 13 décembre, salle Mondrian, 646A, 14:00–17:00

  • Christine Lehman (Université Paris X-Nanterre)

    Qu’est-ce que l’eau pour les chimistes du XVIIIe siècle ? Réflexion autour de la notion d’élément chimique.

    Les chimistes du XVIIIe siècle reviennent aux quatre éléments aristotéliciens le Feu, la Terre, l’Eau et l’Air. Ces éléments par excellence sont ceux que l’on ne peut pas diviser. Il y a cependant une grande différence avec les éléments aristotéliciens, car ces éléments ont deux caractéristiques. Ils sont d’une part les matériaux des corps c’est-à-dire les constituants de la matière et, mis à part le phlogistique, correspondent à l’étape ultime de l’analyse. D’autre part, pris dans leur état naturel, ces éléments sont les instruments du chimiste que ce dernier utilise comme outil dans ses opérations.
    Après une brève introduction sur la notion d’élément chimique, l’examen des cours de chimie et des expériences réalisées devant l’auditoire permettra dans un premier temps d’illustrer ces deux caractéristiques. L’étude plus approfondie de la leçon sur l’eau du cours de Macquer et les méthodes d’analyse chimique des eaux minérales répondra ensuite à la question « Qu’est-ce que l’eau pour les chimistes du XVIIIe siècle ? » avant la remise en cause de son caractère élémentaire par Lavoisier à la fin du siècle.


Mercredi 24 janvier 2018, salle Mondrian, 646A, 14:00–17:00

  • Klaus Ruthenberg (Coburg University of Applied Sciences and Arts, Allemagne)

    Chemistry without atoms.

    Without doubt, atomism is a central dogma of modern chemistry. Most professionals and lay-men strongly believe in the existence of these tiny ultimate pieces of matter and, moreover, the outstanding relevance of these for the chemical sciences. Positivist objections and criticism have been rejected, scorned and finally forgotten.
    “Chemistry is the study of the structure and transformation of matter.” This downright misleading definition can be found in the so far only handbook of the philosophy of chemistry. It is still better, however, than undiscerned, antiphilosophical and antihistorical versions like “Chemistry is devoted to the electron transfers and electron distribution between atoms and molecules”. Chemistry is, unlike physics, about stuff (or substances).
    In the present lecture I shall show how restricted the whiggish atomistic dogma has been and still is, and that we would end up with an inadequate, incorrect and unduly reduced (if not reductionist) kind of history and philosophy of chemistry, if we would follow that dogma carelessly. Moreover, I will argue for a pluralist interpretation of non-atomistic chemical concepts. Reference will be made to the following historical and actual authors : Ostwald, Wald, Bachelard, van Brakel, Soentgen, and Chang.


Jeudi 8 février, salle Rothko, 412B, 14:00–17:00

  • Jean-Baptiste Fressoz (CNRS Centre Koyré-EHESS)

    Recyclage des déchets et industrie chimique au XIXe siècle. Une pratique écologique avant la lettre ?

    Le capitalisme entend dorénavant se nourrir de lui-même. Les élites économiques et politiques rêvent d’une « écologie industrielle », d’une « économie circulaire », d’un capitalisme coprophage se sustentant des résidus de sa seconde nature. Selon la Commission européenne « l’Europe n’a d’autre choix que d’opérer une transition vers une économie circulaire régénérative ». Cette communication présentera l’émergence du recyclage industriel et sa fonction politique au début du XIXe siècle. Dès cette époque en effet le recyclage industriel a joué un rôle fondamental pour désamorcer les contestations environnementales nombreuses qui entouraient les premières usines chimiques. Les entrepreneurs et les économistes insistaient sur la congruence naturelle entre la réduction des exhalaisons et l’augmentation du profit. L’intérêt d’exhumer l’ancienneté de cette promesse, de souligner sa répétition à deux siècles et une crise environnementale globale d’écart est de questionner le rêve d’une main invisible gérant de manière optimale les flux de matières.

  • Tom Børsen (Aalborg University of Copenhagen, Danemark)

    Teaching ethical and social responsibility to chemistry and chemistry engineering students.

    In this lecture, Associate Professor and Study Board Director, Tom Børsen presents his experiences and reflections on teaching ethics to chemistry and chemistry engineering students. The starting point of the lecture is a 4-step model for ethical judgment of concrete scientific, engineering and technological activities developed at Aalborg University is introduced and exemplified with two examples : Fritz Haber’s work during the 1st World War and the use of DDT in the 1950’ies and 60’ies. The second part of the lecture reflects on the possibilities and barriers for getting involved in teaching ethical and social responsibility to students of chemistry and chemical engineering and links to current activities aiming at strengthening the conditions for such educational activities. A special issue of HYLE international journal for philosophy of chemistry, including a number of ethical case studies of chemistry intended for use in teaching ethics to chemistry and chemistry engineering students is presented.



Mercredi 7 mars, salle Rothko, 412B, 14:00–17:00

  • Marina Banchetti-Robino (Florida Atlantic University, USA)

    Robert Boyle and the relational and dispositional nature of chymical properties.

    This presentation will establish that, although Robert Boyle is regarded as one of the strongest 17th century advocates of the mechanistic theory of matter, his complex chemical ontology implicitly contains a non-reductionistic conception of chemical qualities. In this presentation, I will take this claim of non-reductionism a step further and establish that Boyle considers chemical qualities to be dispositional and relational. In this regard, I will rely heavily on Peter Anstey’s argument that Boyle held sensible qualities to be dispositional and relational and I will extend Anstey’s arguments to show that Boyle also held chemical properties to be dispositional and relational. Although this argument will constitute a first step toward establishing a non-reductionist interpretation of Boyle’s chemical ontology, I will further argue that Boyle conceives of chemical qualities not only as dispositional and relational but also, and most importantly, as emergent properties that supervene upon the microstructure of chymical atoms. In order to establish this, I will establish that he considers chemical qualities to be something novel, ‘over and above’ the chymical atoms from which they emerge.
    More specifically, I will argue that Boyle regards chemical and other higher-level properties as supervenient properties that emerge from the dispositions of chemical substances in relation to other substances. His writings provide evidence that he clearly conceives of chemical substances as functional wholes whose properties emerge not only from the structural ordering of their parts but also from their relationship with other chemical substances in the context of experimental practice. These conclusions will serve as the foundation for a discussion of the mereological theory that is implicit in Boyle’s conception of chymical atoms and that is most consistent with this non-reductionistic interpretation of his chemical ontology.
    Selected Bibliography :
    Anstey, Peter, The Philosophy of Robert Boyle (London : Routledge, 2000).
    Boyle, Robert, Considerations and Experiments, Touching the Origin and Forms of Qualities, in The Works of Robert Boyle, edited by Michael Hunter and Edward B. Davis, Vol. 13, (London : Pickering and Chatto, 2000)
    Boyle, Robert, History of Particular Qualities, in The Works of Robert Boyle, edited by Michael Hunter and Edward B. Davis, Vol. 6, (London : Pickering and Chatto, 2000)
    Boyle, Robert, Of the Imperfection of the Chemists’ Doctrine of Qualities, in Selected Philosophical Papers of Robert Boyle, edited with an introduction by M. A. Stewart (Cambridge : Hackett Publishing Company, 1991)
    Boyle, Robert, The Origin of Forms and Qualities, in The Works of Robert Boyle, edited by Michael Hunter and Edward B. Davis, Vol. 5, (London : Pickering and Chatto, 2000)
    Boyle, Robert, The Producibleness of Chymical Principles, in The Works of Robert Boyle, edited by Michael Hunter and Edward B. Davis, Vol. 13, (London : Pickering and Chatto, 2000)
    Boyle, Robert, The Sceptical Chymist, in The Works of Robert Boyle, edited by Michael Hunter and Edward B. Davis, Vol. 2, (London : Pickering and Chatto, 2000)

  • François Pépin (IHRIM-ENS de Lyon, France)

    Les qualités opérationnelles chez Diderot et les chimistes du 18e siècle.

    Une leçon courante de la « Révolution scientifique », notamment portée par Koyré, veut que la science moderne ait rejeté les qualités ou les ait ramenées à des rapports quantifiables. Dès le XVIIe siècle, par exemple avec Leibniz, une telle vision a été contestée ou du moins nuancée. Mais la chimie des Lumières apporte des perspectives originales à cette question, que je me propose d’étudier par la catégorie de qualité opérationnelle.
    En un sens, comme la dynamique leibnizienne, la chimie moderne réhabilite les qualités en sciences. Une première différence est que, contrairement à Leibniz, elle requalifie in finie la matière et non un principe spirituel. D’où l’intérêt d’un philosophe matérialiste comme Diderot qui a pu voir dans la chimie de son temps la promotion d’une manière active, éloignée de l’étendue physique que l’on peut toujours en droit dissocier du mouvement. Mais cette activité de la matière ne doit pas être conçue comme la propriété générale d’une substance abstraite. Car, dans la chimie des Lumières, la matière cache en fait plusieurs éléments matériels et une grande diversité de mixtes (composés). En outre, leur activité n’exprime pas une tendance générale au mouvement (ou à quelque autre forme d’action qu’on voudra), mais se pluralise en un grand nombre d’interactions révélant un ensemble très divers d’effets et de forces. Bref, nous sommes d’abord en face d’un grand nombre de relations dynamiques entre des substances déterminées dans un contexte expérimental précis. C’est ce que je voudrais ressaisir par le concept de qualité opérationnelle.
    Ce concept veut prendre acte d’une singularité des qualités chimiques : elles s’expriment par des opérations et ne sont théorisables qu’à partir de ces opérations. C’est ainsi en transformant et en associant des substances qu’on pourra manifester et étudier ces qualités. Dès lors, elles sont moins les propriétés d’une substance, dépendantes de son essence intrinsèque, que des actions manifestées par une relation contextuelle. Des qualités relationnelles donc, qui s’autonomisent et pourraient même sembler exister par elles-mêmes, sans support sous-jacents. Mais si la chimie des Lumières distingue, notamment à partir de Rouelle et Venel, l’élément en lui-même et l’élément combiné, donc les propriétés intrinsèques des substances individuelles et celles qu’elles expriment ensemble, elle maintient une relation étroite entre les deux. Le phlogistique ne possède pas les couleurs qu’il confère à un mixte, mais il est bien le principe général des couleurs, et cette caractéristique doit provenir de quelque propriété intrinsèque. L’ontologie de cette chimie, du moins telle que Diderot la comprend, garde donc un ancrage dans un certain type de substance. D’où une dernière originalité, peut-être la plus significative : cet ancrage renvoie moins à la matière en général, qu’aux « matières » en interactions. La substance n’est donc plus substrat abstrait, elle désigne un type qualitativement déterminé de matière ; les qualités opérationnelles sont moins ses propriétés que son mode d’existence, toujours relatif à un certain contexte.


Jeudi 8 mars, salle Mondrian, 646A, 14:00–17:00

  • Bernadette Bensaude-Vincent (Université Paris 1 Sorbonne)

    Entre nature et artifice : la chimie biomimétique.

    Feuille de lotus, soie d’araignée, coquille d’ormeaux, ailes de papillon… autant de modèles pour élaborer de nouveaux matériaux aux propriétés intéressantes. Dans quel contexte les chimistes et ingénieurs en matériaux ont-ils commencé à tourner leur regard vers les structures naturelles et processus de biominéralisation ? Quelles leçons en ont-ils tiré ? Quelles conséquences en tirer sur les rapports entre le naturel et l’artificiel ? Le biomimétisme ouvre-t-il la voie à une réconciliation, une meilleure intégration de la technique dans la nature ?

  • Brigitte Van Tiggelen (Chemical Heritage Foundation, USA)

    Entre le naturel et l’artificiel : éléments et substances chimiques.

    Avant la découverte de la radioactivité, la production d’éléments jusque-là inconnus reposait sur des techniques d’extraction et d’analyse. Avec l’usage des cyclotrons et autres réacteurs nucléaires, les scientifiques sont désormais capables de mettre au monde des éléments qui semblent n’exister que par cet artifice. Parallèlement, les chimistes synthétisent depuis plusieurs siècles des substances qui ne se trouvent pas dans la nature, qu’il s’agisse d’imiter ou de dépasser cette dernière.
    Un examen des trajectoires historiques de ces substances permet d’examiner l’attitude des chimistes (et autres scientifiques) et ce qui fait la caractéristique de la science chimique.



mercredi 4 avril !! séance reportée au 26 juin !!



jeudi 3 mai, salle Rothko, 412B, 14:00–17:00  !!!reportée à une date ultérieure !!!

  • Barbara Demeneix (Museum d’histoire naturelle)

    Inhibiteurs endocriniens et santé.

  • Jean-Pierre Llored (Research associate, laboratory SPHERE, University Paris 7, France ; Research associate, laboratory LIED, University Paris 7, France ; Département d’histoire et de philosophie des sciences de l’Université de Cambridge, Royaume-Uni ; Linacre College, Oxford, Royaume-Uni)

    Epistémologie des risques et dangers chimiques.



mardi 26 juin 14h-17h, salle 412B-Rothko

: : Chimie et matériologie

  • Matthieu Arnoux (Université Paris Diderot, EHESS)

    Matériologie et élément chimique : l’exemple du fer à l’époque médiévale.

    Résumé :
    Depuis plus de trois millénaires, le fer a été un acteur historique majeur de l’évolution des civilisations. Pour les temps anciens, son étude porte principalement sur les découvertes archéologiques, les analyses chimiques et la typologie des artefacts. Pour le Moyen Âge, que ce soit en Europe occidentale ou en Chine, les sources écrites offrent des indices qui peuvent être confrontés aux traces matérielles et permettent de construire des hypothèses sur la place de la production du fer et des produits ferreux dans la culture matérielle : agraire, militaire, architecturale. Comme l’élément chimique 26 « Fe » n’existe pas seul, mais toujours combiné avec d’autres éléments comme l’oxygène, le carbone et bien d’autres, il n’est pas facile de comprendre ce que l’on entend par des mots comme ferrum, fer, aciarium, chalybs, merlaria, osmund (pour rester dans les territoires de l’Ouest).
    L’intervention tentera de montrer clairement que l’histoire du fer en Europe concernait les produits sidérurgiques alors que l’histoire du fer chinois concernait la fonte. Il ne s’agira pas de donner une vision encyclopédique d’une question qui reste discutée, mais d’offrir des éléments d’une meilleure compréhension d’un sujet qui ne peut être abordé par la seule description analytique des minerais et des artefacts, mais nécessite la connaissance des processus de production, de commerce et de mise en œuvre des artefacts à base de fer.
    Une approche historique et anthropologique de l’histoire de cet élément soulève la question du dialogue interdisciplinaire adéquat nécessaire à une juste évaluation des différentes fonctions de certains éléments chimiques dans le contexte social.

    Bibliographie :
    Mathieu Arnoux : ‘European Steel vs Chinese Cast-Iron : From Technological Change to Social and Political Choices’ (Fourth Century BC to Eighteenth Century AD), History of Technology, 32 (2014), p. 297-312.
    Donald B. Wagner, ‘Science et civilisation en Chine’, vol. 5, Chemistry and chemical technology, part 11, Ferrous metallurgy (Cambridge : Cambridge University Press, 2008).

  • Jean-Pierre Llored (Research associate, laboratory SPHERE, University Paris 7, France ; Research associate, laboratory LIED, University Paris 7, France ; Département d’histoire et de philosophie des sciences de l’Université de Cambridge, Royaume-Uni ; Linacre College, Oxford, Royaume-Uni)

    Philosophie de la chimie et matériologie.

    Résumé :
    Les alchimistes et les chimistes de toutes les époques ont utilisé ou obtenu matières et matériaux. Les façons avec lesquelles ces matières et matériaux ont été travaillés, utilisés et définis ont contribué à transformer les pratiques chimiques et les milieux professionnels, matériels et sociaux dans lesquels ces pratiques étaient développées. Cela reste toujours d’actualité comme dans le cas, par exemple, des travaux des nanochimistes et des spécialistes en catalyse contemporains. Cette présentation vise à insister sur les apports et les perspectives qu’ouvre, en philosophie des sciences et des techniques, la prise en compte de ces matières et matériaux.
    Pour ce faire, nous exposerons les résultats d’enquêtes menées dans plusieurs industries et laboratoires de recherche, et nous ferons appel à des philosophes d’horizons très différents (David Armstrong, Bachelard, Justus Buchler, Dagognet, Diderot, Rom Harré, Leibniz, David Lewis, Peirce, Stephen David Ross, Simondon, Wittgenstein), à des travaux en histoire des sciences et des techniques (Bernadette Bensaude-Vincent, Mary Douglas, Ursula Klein, Lawrence Principe, Isabelle Stengers) ou en histoire de la pensée (Gilson, Alain de Libéra), ainsi qu’aux hypothèses de travail de Francis Chateauraynaud, Leroi-Gourhan et Tim Ingold.



mercredi 27 juin, salle Rothko, 412B, 14:00–17:00

: : Biologie et chimie (séance 1) : approches processuelles et relationnelles en philosophie du végétal et en chimie

  • Quentin Hiernaux (FNRS-ULB, Belgique)
    Relations, processus et relata en philosophie du végétal.

    Résumé :
    En quoi philosopher sur le végétal favorise-t-il une ontologie processuelle et relationnelle ? Deux grands types de raisons peuvent être distingués : les raisons d’ordre méthodologique et les raisons d’ordre naturaliste. Les premières sont liées à la tradition philosophique et scientifique occidentale qui a favorisé une ontologie substantialiste privilégiant des modèles animaux du vivant. La perspective végétale, généralement occultée dans cette tradition, permet donc un décentrement critique. Les raisons naturalistes tiennent quant à elles aux phénomènes de la vie végétale même. L’hypothèse de travail de cette communication consiste à montrer que l’interprétation des observations historiques de la botanique (la compréhension de la photosynthèse par exemple) et les avancées contemporaines des sciences végétales (en termes évolutionnistes, écologiques ou pédologiques par exemple) s’interprètent mieux dans un cadre processuel et relationnel, et permettent une conception du vivant en lien avec son milieu qui est plus cohérente en retour.

  • Jean-Pierre Llored (Research associate, laboratory SPHERE, University Paris 7, France ; Research associate, laboratory LIED, University Paris 7, France ; Département d’histoire et de philosophie des sciences de l’Université de Cambridge, Royaume-Uni ; Linacre College, Oxford, Royaume-Uni)

    Relations, processus et relata en chimie.

    Résumé :
    Cette présentation a pour premier objectif de mettre en évidence : (1) la dépendance mutuelle des niveaux d’organisation ainsi que celle des relations et des relata en chimie, (2) le rôle constitutif des modes d’intervention dans la définition, toujours ouverte et provisoire, de ce à quoi les chimistes disent avoir affaire, et (3) l’impossibilité d’abstraire les produits chimiques du milieu dans lequel ils agissent et sont agis (solvants, matrices minérales, atmosphère, type de formulation, organismes vivants, écosystèmes, etc.). À partir de cela, nous réfléchirons aux apports de, et aux perspectives ouvertes par, la philosophie de la chimie pour penser les ontologies relationnelles et processuelles, leur(s) fonction(s) et leur(s) statut(s) dans les sciences du vivant et de la nature contemporaines. Ce faisant, et à la lumière des travaux précédemment exposés, une discussion sera introduite qui portera sur différents travaux philosophiques qui ont pensé le corps comme faisceau d’actions, de relations ou de processus ou qui ont discuté la pertinence de cette approche (Bachelard, Augustin Berque, Justus Buchler, Dagognet, Diderot, Rom Harré, James, Leibniz, G. Moore, Peirce, Stephen David Ross, Russell, les scolastiques, Simondon, Whitehead) ainsi qu’une comparaison entre la chimie contemporaine et la chimie du XVIIIe siècle.



Vendredi 29 juin 2018 (14h-17h, salle 351A-Kupka)

: : Chimie et santé

  • Barbara Demeneix (Museum d’histoire naturelle, Paris)

    Inhibiteurs endocriniens et santé.

    Résumé :
    Tous les jours, notre organisme absorbe et emmagasine une quantité croissante de polluants chimiques provenant de notre environnement. Ces produits toxiques ont des conséquences néfastes sur notre cerveau et sur celui de nos enfants dès leur conception.
    Pesticides, plastifiants, désinfectants, retardateurs de flamme, agents tensio-actifs, filtres UV : ces polluants omniprésents contribuent non seulement à la multiplication alarmante des troubles neurologiques et des difficultés d’apprentissage, mais ils pourraient bien, dans un futur plus ou moins proche, être à l’origine d’une baisse globale des performances cognitives chez l’être humain – une première dans l’histoire de l’humanité. Et si les causes de tous ces maux étaient davantage environnementales que génétiques ? Quelles solutions pouvons-nous mettre en œuvre pour protéger les enfants, mais aussi les adultes, à titre individuel – mais aussi et surtout collectif ?

  • Jean-Pierre Llored (Research associate, laboratory SPHERE, University Paris 7, France ; Research associate, laboratory LIED, University Paris 7, France ; Département d’histoire et de philosophie des sciences de l’Université de Cambridge, Royaume-Uni ; Linacre College, Oxford, Royaume-Uni)

    Epistémologie des risques et des dangers chimiques.

    Résumé :
    Dans cette présentation, nous prendrons pour point de départ la définition, dans le cadre du code du travail, des dangers et des risques chimiques. Nous illustrerons ensuite comment ces notions sont utilisées par les acteurs de la chimie, ainsi que dans le cadre de la règlementation REACH. Nous montrerons ensuite comment ces définitions deviennent hautement problématiques à la lumière de travaux menés en philosophie de la chimie. Pour finir, nous expliquerons comment une mise en relation de la philosophie des sciences (chimie, écologie, médecine) avec certaines notions de droit (des personnes, de l’environnement, du travail) qui s’appuie sur un travail préalable d’identification de certaines hypothèses métaphysiques et représentations sous-jacentes peut permettre une clarification de ces notions en vue, par exemple, d’améliorer, en retour, la rédaction et la mise en application des futures règlementations et normes structurant les pratiques chimiques.



Septembre 2018 (date à fixer)

  • Kevin Elliott ((Michigan State University)

    A tapestry of values. An introduction to values in science and especially in chemistry.




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Metro : lignes 14 and RER C, arrêt : Bibliothèque François Mitterrand ou ligne 6, arrêt : Quai de la gare. Bus : 62 and 89 (arrêt : Bibliothèque rue Mann), 325 (arrêt : Watt), 64 (arrêt : Tolbiac-Bibliothèque François Mitterrand)

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