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Axe Histoire et philosophie des sciences de la nature

PHASE-chimie 2018–2019

Philosophie, Histoire, Anthropologie, Sociologie et Epistémologie de la Chimie


UMR SPHERE & Master LOPHISS (Université Paris Diderot)


Organisation : Jean-Pierre Llored (chercheur associé aux UMR SPHERE et LIED de l’Université Paris Diderot ; visiting teaching fellow au département de philosophie, Université de Bristol, Royaume-Uni ; visiting scholar et college advisor au Linacre College, Université d’Oxford, Royaume-Uni)



PRÉSENTATION

Le séminaire d’histoire et de philosophie de la chimie organisé et animé par le Docteur Jean-Pierre LLORED depuis septembre 2016 ouvre ses perspectives et ses champs d’exploration, en cette année universitaire 2018-2019, et devient le séminaire PHASE-Chimie (Philosophie, Histoire, Anthropologie, Sociologie et Epistémologie de la Chimie).

L’investigation menée à propos de la chimie concernera, entre autres sujets, son histoire, ses méthodes et instruments, ses types de laboratoire, ses raisonnements, modélisations, théories et explications, ses rapports avec les autres sciences et techniques ou avec les formes de pouvoir et les sociétés, les lieux où les chimistes travaillent, les questions éthiques que pose cette science-industrie. Ce séminaire sera, en particulier, un lieu d’échanges entre historiens, philosophes, sociologues, anthropologues, épistémologues, chimistes, scientifiques d’horizons divers, étudiants et toute personne citoyenne intéressée par le sujet. Il entend favoriser le dialogue entre ces différentes approches, en respectant leurs singularités et en les accueillant avec la même considération.

Il permettra d’aborder certaines questions que pose la chimie : réduction de la science chimique à la physique quantique ou émergence d’un niveau d’organisation irréductible, traits absolus ou relationnels des éléments chimiques, propriétés catégoriques ou dispositionnelles, métaphysique des substances, insertion de la chimie dans un réseau socio-historique étendu à l’industrie, étude de la chimie selon l’axe science-technique-société-environnement, participation de la chimie à nos façons de concevoir l’humanité et de vivre cette humanité, analyse des controverses sanitaires et environnementales liées aux corps chimiques, etc.

Année en cours

Archives : 2016–2017, 2017–2018



PROGRAMME 2018-2019 :
Salle indiquée, bâtiment Condorcet,
Université Paris Diderot*, 4, rue Elsa Morante, 75013 Paris – plan d’accès.
Après mise en ligne, les résumés sont accessibles en cliquant sur le nom des intervenants.

1 J 08/11 Chimie et concept de milieu 14:00–17:00 412B
Victor Petit (COSTECH, Université Technologique de Compiègne), Ludovic Duhem (responsable scientifique ECOLAB, chargé de la recherche ESAD Orléans et ESAD Valenciennes), Jean-Pierre Llored (UMR SPHERE et LIED, Université Paris Diderot ; Linacre College, Université d’Oxford ; Université de Bristol)
2 V 09/11 Alchimie, matière et matériologie 14:00–17:00 646A
Julien Flament (Centre Ernest-Babelon, Université d’Orléans)
3 V 07/12 La chimie du XVIIIe siècle : modes de raisonnements et analyse conceptuelle 14:00–17:00 240A
Geoffrey Blumenthal (Université de Bristol, Royaume-Uni)
4 V 14/12

 !!! REPORT !!!

Histoire et épistémologie des éléments chimiques 14–16:00 646A
Sarah Hijmans (Université Paris Diderot, SPHERE)
2019
5 M 22/1 Sociologie critique et pragmatique des controverses chimiques 14–17:00 412B
Francis Chateauraynaud (EHESS) et [Josquin Debaz (GSPR-EHESS)
6 M 12/2 Interface entre chimie organique et biologie 14–16:00 412B
Cécilia Bognon-Küss (Université Paris Diderot & & IHPST, CNRS)
7 Me 06/3 Rapports entre la philosophie de la physique et la philosophie de la chimie 16–18:00 646A
James Ladyman (Université de Bristol, Royaume-Uni)
8 V 15/3 Philosophie de la chimie et enseignement de la chimie 14–17:00 646A
Mikhail Kurushkin (ITMO, Université de Saint-Pétersbourg)
9 M 09/4 séance reportée et fusionnée, voir suivante
10 Me 10/04 Chimie, géosciences et complexité 14–17:00 366A
Sébastien Dutreuil (Université Aix-Marseille, CNRS-CEPERC), Lena Zuchowski (Université de Bristol, UK), Jean-Pierre Llored (SPHERE et LIED, Univ. Paris Diderot ; Linacre College, Univ. of Oxford ; Univ. of Bristol)
11 M 30/04 report au 28/06
12 M 07/05 La structure moléculaire : débats et perspectives en philosophie des sciences 14–17:00 412B
Vanessa Seifert (Université de Bristol, Royaume-Uni)
13 Me 19/06 Etymologie et chimie 14–17:00 412B
Pierre Avenas (Actualité Chimique, Société Chimique de France)
Sarah Hijmans (Université Paris Diderot)
Karoliina Pulkkinen (University of Cambridge/ KTH Royal Institute of Technology)
14 V 28/06 Les pratiques de modélisation en chimie & Pragmatisme, pragmaticisme et philosophie de la chimie 14–16:00 646A
Grant Fisher (Korea Advanced Institute of Science and Technology
RÉSUMÉS
J 08/11/2018 Chimie et concept de milieu 14:00–17:00 412B
  • Victor Petit (COSTECH, Université Technologique de Compiègne)
    Milieu vs. Environnement. Perspectives historique et philosophique.
    Après avoir présenté la place du concept de milieu dans l’histoire des sciences, cette intervention se propose d’en esquisser une philosophie. Tous les philosophes du milieu (Canguilhem, Merleau-Ponty, Simondon, Deleuze, Berque, Stiegler, etc.) admettent que le milieu n’est pas un environnement, précisément car c’est un mi-lieu (ni intérieur, ni extérieur donc). Nous étudierons la portée d’une telle philosophie dans le contexte qui est le nôtre (que l’on peut résumer, pour dire vite, comme la rencontre du transhumanisme et de l’anthropocène). Et nous nous attarderons sur le concept de milieu technique : qu’est-ce que signifie, pour la technique, de faire milieu ?
    • V. Petit, B. Guillaume, « We have never been wild. Towards an ecology of technical milieu », in B. Bensaude-Vincent, X. Guchet, S. Loeve (dir.), French Philosophy of Technology, Springer, 2018, pp. 81-100.
      V. Petit, « Le désir du milieu (dans la philosophie française) », La Deleuziana, Online Journal of Philosophy, n°6, 2017,
      http://www.ladeleuziana.org/wp-content/uploads/2018/01/Deleuziana6_10-25_Petit.pdf
  • Ludovic Duhem (responsable scientifique ECOLAB, chargé de la recherche ESAD Orléans et ESAD Valenciennes)
    Le concept de milieu chez Simondon.
    Mon intervention consistera à présenter la pensée du « milieu » de Gilbert Simondon (1924-1989) à travers sa théorie de l’individuation et de la technique, comme une mésologie à part entière. Sur le chemin de la rencontre avec le milieu simondonien, nous rencontrerons les notions de « préindividuel », de couplage « individu-milieu », de « milieu associé » et d’une série de milieux : « milieux naturel », « milieu humain », « milieu technique ». La technique, en tant que médiation entre « milieu naturel » et « milieu humain », sera interrogée à travers sa « naturalisation » (ou devenir nature) dans la concrétisation des machines. Apparaîtrons finalement les enjeux écologiques d’une telle pensée du « milieu technique » se naturalisant...
    • L. Duhem, « Ouvrir la machine avec Simondon » in Cédric Carles (dir.) Rétrofutur. Une contre-histoire des innovations technologiques, Buchet-Chastel, 2018
      L. Duhem, « Devenir Cyborg ? Mésologie et transhumanisme » in M. Augendre, J-P. Llored, Y. Nussaume (dir.), La mésologie, un nouveau paradigme pour l’anthropocène ?, Hermann, 2018
      L. Duhem, « Encyclopédisme et critique de la modernité : unifier les sciences par le milieu selon Berque et Simondon » in revue en ligne Mésologiques, 2017
  • Jean-Pierre Llored (UMR SPHERE et LIED, Université Paris Diderot ; Linacre College, Université d’Oxford ; Université de Bristol)
    Concept de milieu et philosophie de la chimie.
    Nous montrerons, en premier lieu, qu’une ontologie des relata ne permet pas de rendre compte des activités des chimistes, pas plus qu’une ontologie des relations, et ce indépendamment de la nature, interne ou externe, de ces relations. Les ontologies processuelles ou celles faisant intervenir des structures uniquement ne le permettront pas non plus. Seule une ontologie hybride, faisant intervenir corps et transformations à la fois, le permet. Partant de ce constat, nous montrerons que le milieu chimique dans lequel agit et est agi un ensemble de corps chimiques n’est pas qu’un décor passif, duquel les corps seraient détachables ; il participe, au contraire, et de façon constitutive, à ce que peuvent faire ces corps, et réciproquement ces corps participent à ce que peut faire le milieu chimique concerné (solvant, gaz vecteur, matériau, etc.), à ce qui le caractérise. Sur cette base, nous porterons notre réflexion sur les travaux philosophiques mettant en avant le concept de milieu et évaluerons leur pertinence en philosophie de la chimie. En retour, nous montrerons comment, et dans quelles limites, la philosophie de la chimie peut donner du poids à ces approches philosophiques du milieu.
    • B. Bensaude-Vincent, Matière à penser : Essais d’histoire et de philosophie de la chimie, Presses universitaires de Paris Nanterre, Paris, 2012
      A. Berque, La mésologie, pourquoi et pour quoi faire ?, Presses universitaires de Paris Ouest, Nanterre La Défense, 2014
      J. J. Gibson, An Ecological Theory of Perception, Houghton Miflin, Boston, 1979
      R. Harré & J.-P Llored, « Products, Procedures, and Pictures », Philosophy, The Royal Institute of Philosophy, Cambridge University Press, 93, 2018, 167-186
      C. Lehman & F. Pépin (dir.), La Chimie et l’Encyclopédie, Corpus des Œuvres de Philosophie en Langue Française, n°56, Presses de l’Université Paris Ouest Nanterre La Défense, Paris, 2009
      J.-P. Llored, « Investigating consistencies, inconsistencies and the Meaning of the Ceteris Paribus Clause in Chemistry », Humana Mente, Journal of Philosophical Studies, vol. 32, 2017, 53–74
      G. E. Moore, « External and Internal Relations », in Philosophical Studies, Routledge et Kegan Paul, Londres, 1922, pp. 276-309
      B. Russell, The Principles of Mathematics, Routledge, Londres, 1903
      J. Schummer, « The Chemical Core of Chemistry I : A Conceptual Approach », Hyle, International Journal for Philosophy of Chemistry, vol. 4, n°2, 1998, 129-162
      L. Wittgenstein, On Certainty, Blackwell, Oxford, 1979


2 V 09/11/2018 Alchimie, matière et matériologie 14:00–17:00 646A
  • Julien Flament (Centre Ernest-Babelon, Université d’Orléans)
    Du minerai au métal : approche historique et archéométrique de la production de l’argent à la fin du Moyen Âge et au début de l’époque moderne.
    Au Moyen Âge et à l’époque moderne, l’argent jouit d’un statut privilégié lié à son potentiel économique et symbolique ainsi qu’à sa destination monétaire. Il est le fruit d’une longue chaîne d’opérations métallurgiques au cours de laquelle le minerai est progressivement transformé en métal. Nous nous proposons d’explorer ce cheminement de la matière à travers une approche pluridisciplinaire conjuguant les sciences physiques et les sciences historiques. Ainsi, les sources écrites des époques médiévale et moderne, au carrefour des traités métallurgiques et alchimiques, seront présentées et discutées. Elles seront ensuite mises en perspective grâce d’une part aux résultats des recherches archéologiques menées sur les sites miniers et métallurgiques et d’autre part aux études archéométriques réalisées sur les artefacts. Cette approche originale permet d’ébaucher une page de la longue et complexe histoire des techniques métallurgiques.
    • P. Benoit (éd.), Actes du colloque Mines et métallurgie, Brussieu-Lyon, 1991, PPHS, Les chemins de la recherche, n° 26, Lyon, 1994.
      C. Opsomer et R. Halleux, « L’alchimie de Theophile et l’abbaye de Stavelot ». In D. Jacquart (éd.), Comprendre et maitriser la nature au Moyen Âge : mélanges d’histoires des sciences offerts à Guy Beaujouan, Droz, Genève, 1994, pp. 437-459.
      H. C. Hoover et L. H. Hoover, Georgius Agricola De re Metallica, Dover, New-York, 1950.
      F. Téreygeol (dir.), Comprendre les savoir-faire métallurgiques antiques et médiévaux, Errance, Paris, 2013.
      Th. Rehren, « Alchemy and Fire Essay – An Analytical Approach », Historical Metallurgy, 30, 1996, p. 136-142.
      C. S. Smith et J. G. Hawthorne, Theophilus. On divers arts. The foremost medieval treatise on painting, glassmaking and metalwork, Dover Publications, New York, 1963.


3 V 07/12 La chimie du XVIIIe siècle : modes de raisonnements et analyse conceptuelle 14:00–17:00 240A
  • Geoffrey Blumenthal (Université de Bristol, Royaume-Uni)
    Some philosophical issues and French chemistry, 1766 to 1783.
    This presentation deals with some philosophical issues related to French chemistry, 1766-1783. It concentrates on the work of Macquer and Berthollet, which is contrasted with the work of Lavoisier during this period. Macquer’s internationally influential textbook was predominantly a compilation of existing chemistry, and consequently included many inconsistencies and associated problems, which were progressively exposed in the work of Guyton and Lavoisier. There were problems which were associated with the choice of experimental subject and which could effectively guarantee incomplete understanding of the experiment, as was exemplified in Berthollet’s (1776) work on organic compounds and his (1780b) work on causticity. Experimental design together with interpretations involving untestable hypotheses and substances produced lack of progress, as was shown in the examples of Berthollet’s (1776 ; 1780 ; 1781) three sequences of work related to the decomposition of nitrous acid and his (1782) work on sulphurous acid. Defensive tactics could have temporary ‘successes’ but ended in lasting failures, as was demonstrated by Berthollet’s (1776 ; 1781) and Macquer’s (1778) defences of phlogiston and attacks on the new chemistry. By contrast, experimental design together with interpretations involving consistency considerations, testable hypotheses and testable substances produced progress that was relatively successful even when not fully successful, as was shown in the examples of Lavoisier’s publications to 1778. All these points affected theory choice in late eighteenth-century chemistry.
    • Bensaude-Vincent, B. (1993), Lavoisier : Mémoires d’une Révolution, Flammarion, Paris.
      Bensaude-Vincent, B., Lehman, C. (2007), « Public Lectures of Chemistry in Mid-Eighteenth-Century France », in Principe, L., (ed.) New Narratives in Eighteenth-Century Chemistry, Springer, Dordrecht, 77-96.
      Berthollet, C.-L. (1776), Observations sur l’air, Didot, Paris.
      Berthollet, C.-L. (1780/1784), « Essai sur la causticité des Sels métalliques », Histoire de l’Académie Royale des Sciences, avec Mémoires, 1780, 448-470.
      Berthollet, C.-L. (1781/1784), « Observations sur la décomposition de l’acide nitreux », Histoire de l’Académie Royale des Sciences, avec Mémoires, 1781, 21-33, 228-242.
      Berthollet, C.-L. (1782/1785), « Expériences sur l’acide sulfureux », Histoire de l’Académie Royale des Sciences, avec Mémoires, 1782, 597-601.
      Bret, P. (1997), « Formes et fonctions de la correspondance scientifique autour de la Révolution : Lavoisier, Guyton de Morveau et Berthollet, chimistes et épistoliers (1772-1822) », in T. Charmasson (Ed.), Les archives scientifiques. Préservation, typologie et utilisations. La gazette des archives, 179, 355-379.
      Crosland, M. (2009), « Lavoisier’s Achievement ; more than a Chemical Revolution », Ambix, 56, 93-114.
      Kim, M. (2003), Affinity, that Elusive Dream, MIT Press, Cambridge, Ma., United States.
      Kim, M. (2008), « The ‘instrumental’ reality of phlogiston », Hyle, 14, 27-51.
      Klein, U. and Lefèvre, W. (2007), Materials in Eighteenth-Century Science, Cambridge, MIT Press, Cambridge, Ma., United States.
      Lavoisier, A-L. (1774/1864), « Opuscules Physiques et Chymiques », in Œuvres de Lavoisier, vol 1, Imprimerie Impériale, Paris.
      Lavoisier, A-L. (1775), « Sur la nature du principe qui se combine avec les Métaux pendant leur calcination, et qui en augmente le poids », Observations sur la physique, 5, 429-433.
      Lavoisier, A.-L. (1776/1862), « Mémoire sur l’existence de l’air dans l’acide nitreux, et sur les moyens de décomposer et de recomposer cet acide », in Œuvres de Lavoisier, vol. 2, 129–138, Imprimerie Impériale, Paris.
      Lavoisier, A-L. (1777b/1862), « Expériences sur la respiration des animaux », In Œuvres de Lavoisier, vol 2, 174-183, Imprimerie Impériale, Paris.
      Lavoisier, A-L. (1777c/1862), « Mémoire sur la dissolution de mercure dans l’acide vitriolique, et sur la résolution de cet acide en acide sulfureux aériforme et en air éminemment respirable », in Œuvres de Lavoisier, vol 2, 194-198, Imprimerie Impériale, Paris.
      Lavoisier, A-L. (1777d/1862), « De la combinaison de la matière du feu avec les fluides évaporables, et de la formation des fluides élastiques aériformes », in Œuvres de Lavoisier, vol 2, 212-224, Imprimerie Impériale, Paris.
      Lavoisier, A-L. (1777e/1862), « Mémoire sur la combustion en général », in Œuvres de Lavoisier, vol 2, 225-233, Imprimerie Impériale, Paris.
      Lavoisier, A-L. (1778/1862), « Considérations générales sur la nature des acides et sur les principes dont ils sont composés », in Œuvres de Lavoisier, vol. 2, 248-260, Imprimerie Impériale, Paris.
      Lehman, C. (2010), « Innovation in Chemistry Courses in France in the Mid-Eighteenth century : Experiments and Affinities », Ambix 57, 3-26.
      Lehman, C. (2014), « Pierre-Joseph Macquer : Chemistry in the French Enlightenment, Osiris 29, 245-261.
      Macquer, P.-J. (1749), Élémens de chymie théorique, Hérissant, Paris.
      Macquer, P.-J. (1778), Dictionnaire de Chymie, Barrois, Paris.


4 V 14/12 !!! REPORT !!! Histoire et épistémologie des éléments chimiques 14–16:00 646A
  • Sarah Hijmans (Université Paris Diderot, SPHERE)
    L’élément chimique : découvertes, preuves, prédictions.
    Entre 1770, l’année de la découverte de l’oxygène par Lavoisier, et 1869, l’année de la publication du tableau périodique de Mendeleev, la chimie a connu une évolution rapide. Outre que le développement de l’atomisme, de la chimie organique et de synthèse, de l’électrochimie et d’autres théories et pratiques chimiques, le concept d’élément chimique a changé d’un concept opérationnel à une entité abstraite définie par son poids atomique. Or, malgré le rôle important qu’a joué la conception mendeleïevienne de l’élément chimique dans la genèse du tableau périodique, peu est connu sur le lien entre le changement du concept d’élément et les nouvelles théories chimiques pendant le siècle qui précède sa publication. Nous traiterons cette question à travers la découverte de nouveaux éléments pendant la première moitié du 19e siècle : quelles étaient les méthodes de découverte ? Quels étaient les arguments pour prouver qu’il s’agissait bien d’éléments ? En étudiant entre autres la controverse autour de la nature élémentaire (ou non) des halogènes, nous nous demanderons ce qui constituait un élément chimique au début du 19e siècle.
    • Bensaude-Vincent, Bernadette et Stengers, Isabelle. (1992), Histoire de la Chimie, La Découverte, Paris.
      Chang, Hasok. (2012), Is Water H2O ? Evidence, Realism and Pluralism, Springer, Dordrecht.
      Chang, Hasok et Jackson, Catherine (eds.). (2007), An Element of Controversy : The life of Chlorine in Science, Medicine, Technology and War, British Society for the History of Science, Londres.
      Klein, Ursula. (2003), Experiments, Models, Paper Tools : Cultures of Organic Chemistry in the Nineteenth Century, Stanford University Press, Stanford.
      Nye, Mary Jo. (1993), From Chemical Philosophy to Theoretical Chemistry : Dynamics of Matter and Dynamics of Disciplines, 1800-1950, University of California Press, Berkeley.
      Rocke, Alan J. (1984), Chemical Atomism in the Nineteenth Century : From Dalton to Cannizzaro, Ohio State University Press, Columbus.
      Siegfried, Robert. (2002), From Elements to Atoms : A History of Chemical Composition, American Philosophical Society, Philadelphia.


5 M 22/01/2019 Sociologie critique et pragmatique des controverses chimiques 14–17:00 412B
  • Francis Chateauraynaud et Josquin Debaz, (GSPR-EHESS)
    Sociologie des turbulences épistémiques : Retour sur les controverses autour des perturbateurs endocriniens.
    La question des faibles doses a déjà une histoire longue, très liée dans un premier temps à la radioactivité, et peut être retracée à travers toute une série de controverses métrologiques à propos de l’évaluation des risques sanitaires et environnementaux. En prenant appui sur les évolutions récentes suscitées par la prise en compte de plus en plus saillante des perturbateurs endocriniens, on se propose de poursuivre l’exploration des différentes logiques épistémiques à l’œuvre dans les milieux de recherche et d’expertise mobilisés autour des faibles doses. À partir du suivi de multiples dossiers d’alertes et de controverses (néonicotinoïdes, perturbateurs endocriniens, pesticides, mais aussi OGM ou nanotechnologies), on examinera les appuis cognitifs et techniques utilisés par les acteurs, et les conditions pragmatiques de ce qu’une partie d’entre eux appelle un « changement de paradigme », conduisant à la redéfinition des concepts et des outils de la toxicologie au XXIe siècle. Les transformations à l’œuvre produisent autant de résistances que de mauvais coups (cf le glyphosate) : aussi nous serons attentifs aux manières de lier les enjeux toxicologiques aux modèles politiques et économiques (et aux modèles agricoles en particulier), et dans le même mouvement, aux interactions entre les milieux saisis à partir des formes de vie et des activités pratiques.
    • Francis Chateauraynaud et Josquin Debaz. (2017), Aux bords de l’irréversible. Sociologie pragmatique des transformations, Paris, éditions Pétra.
      Francis Chateauraynaud. (24 Februray 2016), « Towards a new matrix of risks : learning from multi-scale controversies », in European Environment Agency, Report of the EEA Scientific Committee Seminar on emerging Systemic Risks, Copenhagen.
      Francis Chateauraynaud, Josquin Debaz et Mathieu Fintz. (2014), « Chemical substances on the frontiers of health security : Metrological controversies over endocrine disruptors and low doses », Social Science Informations, vol. 53, issue 4.


6 M 12/2/2019 Interface entre chimie organique et biologie 14–16:00 412B
  • Cécilia Bognon-Küss, Postdoc Labex Who am I ? (Université Paris-Diderot 7) & IHPST (CNRS)
    Métabolisme et organisme : remarques sur l’interface entre biologie et chimie organique au 19e siècle
    Récurrente en philosophie comme en biologie, la question de la définition de la vie s’exprime à la fois dans des tentatives de caractérisation positive (auto-organisation, homéostasie, reproduction, évolution) et de démarcation par tracés de frontières plus ou moins étanches (vivant – mort, minéral – végétal – animal, organique – inorganique…). Paradoxalement, et alors même qu’elle revendique son autonomie, c’est à réduire ces démarcations que travaille la biologie.
    On admet généralement que la science du vivant s’est constituée comme discipline spécifique et autonome au tournant du 19e siècle en se donnant pour objet la vie, l’organisme, ou encore une interprétation réaliste des forces vitales. Dans ce contexte d’avènement d’une discipline autonome, la réflexion mise en place par Kant dans la Critique de la faculté de juger sur les « êtres organisés », capables d’auto-organisation, réflexion dans laquelle la question de la finalité organique est déplacée du côté du rapport des parties au tout et de leur autoproduction, occupe une place centrale. Mais, parallèlement à ce mouvement, il faut considérer l’émergence d’une chimie animale qui, dès la fin du 18e siècle, s’engage dans la voie d’un réductionnisme par l’analyse des substances organiques afin d’en déduire des lois d’organisation vitale. La question se pose alors de la nature des éléments constitutifs du vivant et du rapport de leurs propriétés avec les prestations fonctionnelles spécifiques des êtres vivants. En d’autres termes, la question se pose de savoir s’il est possible de rendre compte de l’organisation vitale par des processus exclusivement physico-chimiques. L’émergence d’une chimie animale ou organique au début du 19e siècle, focalisée sur de l’étude de la nutrition, constitue une étape fondamentale dans ce processus. Cependant, ses premières réalisations contribuent à amplifier l’écart entre l’attention portée au niveau de l’organisme ou de l’organisation d’une part et l’analyse de ses composants en unités chimiques élémentaires d’autre part, avec pour conséquence d’accroître la distinction entre propriétés de l’organisme vivant et propriétés de ses composants élémentaires et de leur organisation, dans la mesure où les premières (auto-organisation, par exemple) semblent irréductibles aux secondes.
    Nous voudrions déterminer le projet explicatif propre à la chimie organique comme une stratégie de résolution de cette tension en nous concentrant sur le cas paradigmatique de la nutrition. A la fin du 18e siècle, à la faveur d’une réflexion engagée autour de son potentiel épigénétique (chez Diderot, Kant et C.F. Wolff), la nutrition se trouve en effet occuper une place centrale dans l’élaboration du concept d’auto-organisation : les êtres vivants forment pour eux-mêmes, ou synthétisent, leur propre substance dans une relation réglée avec leur environnement, c’est-à-dire à partir d’une matière étrangère qu’ils organisent, et c’est finalement par une telle relation à l’extérieur qu’ils peuvent construire et maintenir leur individualité vitale. Cependant, une contradiction forte semblait opposer ce rôle accordé à la nutrition dans l’élaboration d’un espace conceptuel au sein duquel l’auto-organisation et les processus métaboliques allaient se révéler fondamentaux pour l’élaboration du concept d’organisme biologique et les théories de la nutrition alors disponibles, en leur base chimique. Il nous importera alors de déterminer à quelles conditions une compréhension de la nutrition comme fonction passive et directe fut abandonnée au profit d’une conception des êtres vivants comme entités capables de se maintenir et de s’auto-organiser – persistant dans le temps comme le même individu biologique – par la conversion de la matière nutritive en substance propre à l’organisme.
    Dans cette communication nous esquisserons cette dialectique de l’unité et de la désunité de chimie et de la biologie telle qu’elle est advenue dans l’instauration d’une conception métabolique, chimiquement informée du vivant. A rebours des récits tendant à surévaluer le rôle de diverses formes de vitalismes dans l’émergence d’une biologie moderne, nous défendrons l’hypothèse que l’émergence de ce problème philosophique a été au moins partiellement déterminée par le développement d’une compréhension chimique des processus et lois d’organisation vitales. Nous montrerons enfin que le concept de métabolisme tel qu’il a été élaboré au 19e siècle a joué un rôle central dans l’émergence de la notion moderne d’organisme comme individualité biologique capable de réaliser son identité comme totalité en vertu de sa relation constante avec son environnement.


7 Me 06/3/2019 Rapports entre la philosophie de la physique et la philosophie de la chimie 16–18:00 454A
  • Pr James Ladyman (Université de Bristol, Royaume-Uni)
    On the relationships between chemistry and physics
    Debates about reductionism and the unity of science continue among historians and philosophers of science. Often very different ideas are discussed using the same terms. This lecture argues for a view of the unity of chemistry and physics that is compatible with the insights of antireductionists about the myths of fundamentalism and physicalism.


8 V 15/03/2019 Philosophie de la chimie et enseignement de la chimie 14–17:00 646A
  • Mikhail Kurushkin (ITMO, Université de Saint-Pétersbourg, Russie)
    The duality regarding the definition of the chemical element and its consequences
    There is still an ongoing debate regarding the definition of the chemical element. IUPAC’s “Gold Book” allows to treat a chemical element as either a species of atoms (all atoms with the same number of protons in the atomic nucleus) or pure chemical substances composed of atoms with the same number of protons in the atomic nucleus.
    To reconcile this ongoing debate, we might need to choose a single and consistent criterium for the graphic representation of periodicity. This is largely a question of how we perceive the periodic table - as a periodic table of species of atoms or a periodic table of pure chemical substances. A periodic table of chemical substances would at least force us to consider the question of allotropy - the existence of two or more different physical forms of a chemical element. We would than need to either choose one of the physical forms or incorporate them all in one position, which does not seem rational. It is necessary to note that D. I. Mendeleev himself stressed that a chemical element is an abstract concept.
    As a consequence, the placement of H and He is disputed.1–3 For consistency, it is suggested that H and He are put on top of the s-block. It is understandable that when it comes to physical forms, the placement of He above Be is confusing. Alternatively, the perception of the periodic table as a table of species of atoms is both convenient and fundamental. With this perception, the placement of H and He on top of the s-block does not seem odd anymore.
    A warm-up question is recommended for lecturers to ask their students before the talk about chemical elements : “can you bring a chemical element to your friend” ? Students’ reaction might be an exciting case for an educational research.
    References
    –** (1) Scerri, E. R. What Is an Element ? What Is the Periodic Table ? And What Does Quantum Mechanics Contribute to the Question ? Found. Chem. 2012, 14 (1).
    –** (2) Scerri, E. R. Explaining the Periodic Table, and the Role of Chemical Triads. Found. Chem. 2010, 12 (1), 69–83.
    –** (3) Scerri, E. R. The Dual Sense of the Term “Element,” Attempts to Derive the Madelung Rule, and the Optimal Form of the Periodic Table, If Any. Int. J., Quantum Chem. 2009, 109 (5), 959–971.


9 Me 10/04/2019 Chimie, géosciences et complexité 14–17:00 412B
  • Sébastien Dutreuil (Univ. Aix-Marseille, CNRS-CEPERC)
    Généalogie des conceptions chimiques du globe et de son équilibre : du XVIIIe siècle au système Terre contemporain, en passant par Gaïa
    L’hypothèse Gaïa proposée par Lovelock et Margulis dans les années 1970 (Lovelock, 1972 ; Lovelock et Margulis 1974) doit historiquement être comprise comme la proposition d’une nouvelle conception de la Terre, devant reconfigurer les sciences de la Terre et permettre de penser les changements globaux ; et non, ainsi qu’elle l’a trop trouvent été, comme une hypothèse scientifique à tester qui aurait engendré une controverse au sein de la biologie de l’évolution (e.g. Dawkins 1982, Kirchner 1989). Dans cette présentation, je m’intéresserai en détail à la place centrale qu’occupe la chimie dans l’histoire de Gaïa.
    Suivre le récit de Lovelock et considérer Gaïa comme une réflexion spéculative et abstraite sur la nature, la Terre et la vie, proposée par un scientifique indépendant retiré du monde académique, revient à oublier entièrement la richesse des problèmes qui ont présidé à l’élaboration de Gaïa. Lovelock est initialement formé en chimie et a une longue carrière d’ingénieur et de chimiste avant de devenir consultant pour la NASA et de s’établir, selon ses propres mots, comme « scientifique indépendant ». Il devient en fait consultant pour diverses entreprises chimiques et institutions scientifiques à partir des années 1960. Ce sont ses travaux de consultant et les nombreuses mesures de composés chimiques à la surface du globe qu’il faut analyser si l’on veut comprendre la nature des problèmes et le contexte historique au sein duquel Gaïa a émergé (Dutreuil 2017, Briday et Dutreuil 2019).
    Après la redécouverte des travaux du géochimiste Vernadsky dans les années 1980, l’originalité de l’hypothèse Gaïa a été interrogée. Qu’apporte-t-elle de nouveau qui n’était pas déjà contenu dans La biosphère ou dans La géochimie ? Après une analyse des parallèles possibles entre Gaïa et des travaux d’analyse chimique du globe du 19e siècle, à propos de questions scientifiques et politiques touchant à la circulation de matière à la surface du globe, je proposerai une analyse historique contextuelle de la réception de Gaïa au sein de la géochimie contemporaine de Lovelock.
    Enfin, je proposerai une analyse des déplacements conceptuels et philosophiques opérés par Gaïa sur la manière dont on pense la Terre et ses répercussions sur des enjeux environnementaux et politiques contemporain (e.g. Latour 2015).
    • Dawkins, R. (1982) The extended phenotype : The gene as the unit of selection, Oxford University Press, Oxford.
    • Dutreuil, S. (2017), « James Lovelock, Gaïa et la pollution : un scientifique entrepreneur à l’origine d’une nouvelle science et d’une philosophie politique de la nature », Zilsel, 2, 19-61.
    • Briday, R. & Dutreuil, S. (2019), « Les multiples facettes de l’entrepreneuriat scientifique de James Lovelock dans les années 1960-70 : développement d’instruments, consultance sur les pollutions et hypothèse Gaïa », Marché et organisations, 34, 33-60.
    • Kirchner, J. (1989) “The Gaia hypothesis : can it be tested”, Reviews of Geophysics, 27, 2, 223 – 235.
    • Latour, B., (2015), Face à Gaïa : huit conférences sur le nouveau régime climatique, La Découverte, Paris.
    • Lovelock, J (1972), “Gaia as seen through the atmosphere”, Atmospheric Environment, 6, 579–580.
    • Lovelock, J. & Margulis, L. (1974), “Atmospheric homeostasis by and for the biosphere : the Gaia hypothesis”, Tellus, 26, 1 - 2, 2 – 10.
  • Lena Zuchowski (Université de Bristol, Royaume-Uni)
    Is there a complexity science paradigm ?
    I will present results from novel analyses of the use of definitions and models in complexity science. In particular, I will show that – while different complexity definitions require different and even exclusive combinations of different criteria – all complexity definitions require contrasting dynamical and phenomenological criteria. Therefore, a contrast between dynamics and phenomenology appears to constitute the conceptual heart of complexity science. I will then propose that the existence of such dynamics-phenomenology contrasts should be used as a minimal definition of the concept of complexity. Furthermore, I assert that the construction of models in complexity science is characterised by a particular structure : many models in complexity science are horizontally constructed and subsequently transferred to specific target systems. Using the results of these analyses, I will argue that the absence of an unequivocally accepted definition would not prevent complexity science from possessing a Kuhnian paradigm.
  • Jean-Pierre Llored (SPHERE et LIED, Univ. Paris Diderot ; Linacre College, Université d’Oxford, Royaume-Uni ; Université de Bristol, Royaume-Uni)
    Les chimistes, la complexité et la Terre
    Cette présentation analyse comment les chimistes s’approprient les raisonnements et les méthodes « complexes », en particulier dans le cadre des travaux pluridisciplinaires auxquels ils contribuent pour étudier le nouvel objet d’étude que les géosciences appellent « Terre ». Elle servira de lien pour nourrir la discussion avec les deux autres interventions programmées durant cette séance.


10 M 07/05/2019 La structure moléculaire : débats et perspectives en philosophie des sciences 14–17:00 412B
  • Vanessa Seifert (Université de Bristol, Royaume-Uni)
    The Chemical Bond as a Real Pattern
    A central concept which is invoked in chemistry and in quantum chemistry in order to describe the structure of a molecule is the chemical bond. Given this, a pressing philosophical question is whether the chemical bond exists and what sort of thing it is. This question is primarily discussed in the context of Hendry’s distinction between the structural and the energetic conception of the chemical bond. The structural conception takes chemical bonds to be ‘material parts of the molecule that are responsible for spatially localized submolecular relationships between individual atomic centers’ (Hendry 2006 : 917). The structural conception is taken as supporting an understanding of chemical bonds as entities. The energetic conception takes ‘chemical bonding’ to signify ‘facts about energy changes between molecular or supermolecular states’ (Hendry 2006 : 919). The energetic conception remains agnostic as to whether the chemical bond is an entity (or as to whether it even exists) and it is consistent with an understanding of chemical bonds as properties of a molecule.
    The metaphysical interpretation of each conception allegedly creates a tension between the two conceptions because the former is consistent with an understanding of chemical bonds as entities, whereas the latter is consistent with an understanding of chemical bonds as either fictional entities, or real properties of molecules. I argue that this tension can be resolved in a manner that supports the reality of chemical bonds. Specifically, if one takes the two conceptions as representing distinct yet incomplete intensions of the same referent (i.e. the chemical bond), then both conceptions can be invoked to mutually support an understanding of chemical bonds as patterns within a molecule. Such an understanding of chemical bonds is also supported by how chemistry and quantum chemistry each describe and pictorially represent chemical bonds. Several questions need to be addressed in order to sufficiently support the reality of chemical bonds as patterns. First, if a chemical bond refers to a pattern within molecules, then what is it a pattern of ? Secondly, assuming that chemical bonds are patterns, what is the respective ‘noise’ in the chemical and quantum chemical descriptions of a chemical bond, and what is the role of ‘noise’ in predicting a molecule’s structure ? Thirdly, is there sufficient empirical evidence to support that the elements of this pattern are real and not merely apparent ? I examine these questions in light of the literature on real patterns and briefly outline the advantages of understanding chemical bonds as real patterns. Examining the nature and reality of chemical bonds in the context of the literature on real patterns provides a novel perspective through which one can understand the nature of the chemical bond, but also through which one can reevaluate the tenability of structural realist accounts in the philosophy of science.
    • Hendry R.F., 2006, ‘Two Conceptions of the Chemical Bond’, Philosophy of Science, Vol. 75, No. 5, pp. 909-920


11 Me 19/06/2019 Ethymologie et chimie 14–17:00 412B
  • Pierre Avenas (Actualité Chimique, Société Chimique de France)
    La prodigieuse histoire du nom des éléments
    L’étymologie du nom des éléments et autres substances chimiques apporte un éclairage sur l’histoire des grandes découvertes de la chimie. Et l’on peut trouver dans l’origine du mot élément lui-même une sorte de prémonition du tableau périodique.
    Au Ve siècle avant J.-C., le philosophe grec Empédocle affirmait l’existence de quatre éléments primordiaux : le feu, l’air, l’eau et la terre. Cette théorie, développée par Platon puis Aristote, est restée en vigueur pendant toute la période alchimiste.
    C’est à Lavoisier que l’on doit l’abandon de cette théorie, au profit de la notion moderne d’élément chimique. Dans son tableau des « substances simples » (Traité élémentaire de chimie -1789-), apparaissent en tant qu’éléments l’hydrogène, l’oxygène, le carbone et l’azote, ainsi que des substances déjà connues, dont un certain nombre de métaux. Notons que ce tableau sera rapidement amélioré et complété par Humphry Davy.
    Les Anciens connaissaient déjà 7 métaux, qu’ils associaient aux 7 astres non fixes observables pour eux (Soleil, Lune et 5 planètes), représentant 7 divinités importantes de la mythologie. Dans cet esprit, le chimiste allemand Klaproth a eu l’idée de nommer l’uranium à partir du nom de la planète Uranus, puis il y eut le neptunium et le plutonium portant les noms des dernières planètes découvertes.
    Et pour nommer les autres éléments au fur et à mesure de leurs découvertes, on a continué à s’inspirer de l’astronomie et des mythologies : grecque pour le titane, le tantale ou le prométhium, germanique pour le cobalt et le nickel, scandinave pour le thorium et le vanadium…
    Mais les chimistes ont adopté bien d’autres façons de nommer les éléments : à partir du nom de minéraux, ou de propriétés physiques, ou encore d’une origine géographique, comme pour le gallium et le germanium, dont l’existence avait été anticipée par Mendeleïev. Enfin, l’hélium et les autres gaz nobles ont été étudiés par le chimiste anglais Ramsay, qui a fait appel à ses compétences d’helléniste pour les nommer.
    • Pierre Avenas, avec la collaboration de Minh-Thu Dinh-Audouin, La prodigieuse histoire du nom des éléments, EDP Sciences/SCF, Paris, 2019
  • Sarah Hijmans (Université Paris Diderot, SPHERE)
    Avant Mendeleïev : définitions et classifications des éléments.
    Aujourd’hui outil indispensable de la chimie, le tableau périodique fête cette année ses 150 ans. Or, déjà longtemps avant la publication de Mendeleïev, les analogies entre éléments étaient représentées sous forme de classification. En se concentrant sur la première moitié du 19ème siècle, nous nous demanderons à partir de quelques exemples de découvertes et de classifications quel était le rôle des analogies dans la détermination de ce qui était accepté comme élément. Ensuite, nous parlerons du premier tableau périodique, développé par Alexandre-Emile Béguyer de Chancourtois en 1862*.
    *La dernière partie sera inspirée de l’article “L’émergence du tableau périodique des éléments chimiques. L’idée initiale de Chancourtois et les avancées fondamentales de Mendeleïev”, actuellement en relecture par l’Actualité Chimique, par Pierre Avenas et Sarah Hijmans.
  • Karoliina Pulkkinen (University of Cambridge/ KTH Royal Institute of Technology)
    Carefulness and the chemical elements : the periodic systems of Julius Lothar Meyer.
    When we evaluate classifications, we sometimes evoke their completeness as a virtue (Scerri, 2007, 93 ; van Spronsen, 1969, 125). In this talk, suggest it may be appropriate for a classification to be incomplete. In particular, I take a closer look at the periodic systems of chemical elements created by Julius Lothar Meyer (1830-1895) and argue that a feature that has been taken as a flaw of his systems – their incompleteness – hides a sophisticated argument about the relationship between observations and generalisations. Inspecting Meyer’s exclusion of a number of chemical elements gives us a good view-point to Meyer’s views concerning the relationship between theory, evidence, and observation.
    I suggest that we analyse Meyer’s distinct approach to systematisation in terms of his valuing of carefulness. I argue that the cogency of carefulness as an analytic category becomes clear after we test the suitability of the related values of accuracy, precision, and sharpness (Olesko 1995 ; Pettigrew, 2016). In conclusion, I suggest the framework of values allows us to explain the organisations of the systems in a manner that places the arguments of the chemists at the very forefront of analysis. In contrast, too firm a reliance with comparisons with the modern periodic systems risk importing a triumphalist “winner’s history” and giving up one of our motivations for pursuing historical research : the resurrection of objects, products, practices, and representations that have been downplayed, marginalized, or forgotten (Chang 2009, 252-253).
    • Chang, Hasok. 2009. “We Have Never Been Whiggish (About Phlogiston).” Centaurus 51 (4) : 239–64. https://doi.org/10.1111/j.1600-0498.2009.00150.x.
    • Olesko, K. M. (1995). The Meaning of Precision : The Exact Sensibility in Early Nineteenth-Century Germany. In M. N. Wise (Ed.), The Values of Precision (pp. 103–134). Princeton : Princeton University Press.
    • Pettigrew, R. (2016). Accuracy and the Laws of Credence. Oxford : Oxford University Press.
      Scerri, Eric R. 2007. The Periodic Table : Its Story and Its Significance. New York : Oxford University Press.
    • Spronsen, J.W. van. 1969. The Periodic System of Chemical Elements : A History of the First Hundred Years. Amsterdam : Elsevier.


12 V 28/06/2019 Pragmatisme, pragmaticisme et philosophie de la chimie 14–17:00 646A
  • Grant Fisher (Korea Advanced Institute of Science and Technology, Corée)
    Chemical legacies and the “new age” of toxicology
    It is often said that the “dose makes the poison”. This dictum, attributed to Paracelsus, “still serves as a maxim for toxicological risk assessment” 500 years after it was coined and in spite of changes what is now considered a “poison” (Reichl et al 2014). However, the historiography of chemical toxicology highlights how this “maxim” was on shaky epistemic ground around the middle of the last century, before the nascent regulatory science of risk assessment emerged to dominate the governance of burgeoning numbers of synthetic chemical compounds. The maxim implied a threshold dose below which the effects of chemical pollutants would be “negligible” and the risks of exposure “acceptable”. But even before the middle of last century, concerns about human exposure to radiation raised the prospect of “no safe dose” and these concerns were transmitted to carcinogenic chemical compounds. As Natalie Jas argues, central figures in mid-twentieth century toxicology, including René Truhaut, denied the possibility of toxicology thresholds for potential carcinogens in food but they had to compromise because of the economic “realities” of the food industry (Jas 2013). Jas concludes that the regulatory tools of toxicology have become a means for the normalization and naturalization of risk. Drawing on Jas’s insight, this paper probes the epistemic and normative implications of the regulatory models, methods, and standards of evidence in response to various material, institutional and epistemic “legacies” of chemical pollutants. The aim is to contribute to the growing literature on the ethics and governance of chemistry in philosophy of chemistry (for example, Schummer 2001 ; Llored 2017) as well as a growing body of work in philosophy of science on toxicology, risk, and the role of values in science (for example, Douglas 2009 ; Elliot 2011).
    In spite of calls for the “greening” of chemistry, by the end of the twentieth century representatives of the chemical industry in the United States turned to regulators in order to press for the development of risk assessments to combat what some perceived as “chemophobia” arising from a precautionary principle approach to pollutants based on “less rigorous” scientific evidence (McClellan 1999). Twenty years later, the science of chemical risk assessment is characterized by the proposal and development of novel regulatory tools from the restructuring of chemical risks as “alternatives assessments” (US National Academy of Sciences 2014), aspirations of reliable “high-throughput” in vitro and in silico models, and applications of machine learning. To what extent do these and other developments tackle the problems associated with the material legacies of chemistry such as persistent organic pollutants, as well as epistemic and normative concerns regarding standards of evidence, and the choice and validation of emerging forms of risk assessment in chemical toxicology ? Some of the problems concerning the choice of model and standards of evidence, for example, focus on low-dose exposures that use contested models and methods. While one standard of evidence of toxicity is to provide mechanisms to account for the association of a given compound with its effects on public health, it is difficult – if not often impossible – to provide these mechanisms in many cases (such as dioxins) and one concern is that the demand for high standards of evidence can be used to delay action to tackle carcinogenic risks (Douglas 2004). And yet a typical assumption in toxicology, epidemiology, as well as in the social sciences, is that extrapolation depends on the provision of a causal mechanism (Howick et al 2013). Given that there are many forms of extrapolation (for example, from animal model to humans, from high-dose threshold model to low-dose no-threshold models, from test to target population) standards of evidence can shift in various ways that raise further epistemic problems and second-order epistemic risks. Standards of evidence that shift the research in toxicology to the use of human subjects, for example, do not overcome problems of “external validity” and raise obvious ethical concerns regarding the use of human subjects in experimentation (Shrader-Frechette 2008). Philosophers of science often highlight how the choices of standards of evidence depends judgments concerning the potential consequences of error in providing policy advice and that decision making in any area of policy-relevant science depends on value-judgments (Douglas 2009). This is all the more crucial in chemical toxicology because of ongoing controversies surrounding low-dose exposures and the claims made by the defenders of the hormesis hypothesis and the putative “beneficial” effects of low-dose exposure to toxins (Elliot 2011).
    There are also epistemic and normative issues in regulatory toxicology that get less attention. One concerns the relationships – or rather the gap – between synthetic chemistry and regulatory toxicology (Maxim 2017). It highlights how disciplinary and institutional divisions raise epistemic and normative problems concerning standards of evidence. For example, recent work by toxicologists in the US Food and Drugs Administration have raised concerns regarding how one is to assess the quality of in silico (computational) regulatory risk assessment models used to predict carcinogenic natural and synthetic additives in food while replacing in vivo (animal) testing (Valerio et al 2010). Other problems concern how one measure risk and to rationalize the role of regulation of endocrine disrupting compounds given the ubiquity of our exposure to them. For example, it is strictly speaking difficult to provide control groups for toxicological testing. And what does it mean to “regulate” such compounds when “many [endocrine disrupting compounds] have already contaminated our bodies and the environment” (Lee 2018). In this particular recent review, “risk” becomes a matter of individual concern to be self-regulated by lifestyle choice decisions. It appears that the management of inescapable toxicity at the level of the individual echoes recent associations of emerging regimes of toxicological risk with Foucault and governmentality studies (Boudia and Jas 2013). The “permanently polluted world” also engages with the growing discourse on the “new age of toxicity” and the “Anthropocene” (Liboiron et al 2018). The chemical legacies of industrial pollutants – material, institutional, normative and epistemic – therefore raises important questions about risk and regulation in history, philosophy, and social studies of chemistry.
    • Bibliography
      Boudia, S. & Jas, N. “Introduction”, in Soraya Boudia and Natalie Jas (eds.), Toxicants, Health and Regulation since 1945, (London & New York : Routledge 2013), pp. 1-23.
      Douglas, H. “Prediction, Explanation, and Dioxin Biochemistry”, Foundations of Chemistry, Vol. 6 (2004), 49-63.
      Douglas, H. Science, Policy, and the Value-Free Ideal (Pittsburg : University of Pittsburg Press, 2009).
      Elliot, K.C. Is a Little Pollution Good for You ? (Oxford : Oxford University Press, 2011).
      Howick, J., Glasziou, P., & Aronson, J.K. “Problems with using Mechanisms to Solve the Problem of Extrapolation”, Theoretical Medical Bioethics 34 (2013), pp. 275-291.
      Jas, N. “Adapting to ‘Reality’ : The Emergence of an International Expertise on Food Additives and Contaminants in the 1950s and Early 1960s”, in Soraya Boudia and Natalie Jas (eds.), Toxicants, Health and Regulation since 1945, (London & New York : Routledge 2013), pp. 47-69.
      Lee, D-H. “Evidence of the Possible Harm of Endocrine-Disrupting Chemicals in Humans : Ongoing Debates and Key Issues”, Endocrinology and Metabolism, 33 (2018), 44-52.
      Liboiron, M., Tironi M. & Calvillo N. “Toxic Politics : Acting in a Permanently Polluted World”, Social Studies of Science, Vol. 48(3) (2018), 331–349.
      Llored, J-P. “Ethics and Chemical Regulation : The Case of REACH”, HYLE – International Journal for Philosophy of Chemistry, Vol. 23 (2017), 81-104.
      Maxim, L. “Chemists’ Responsibility for the Health Impacts of Chemicals : Green Chemistry and Its Relation to Toxicology”, HYLE – International Journal for Philosophy of Chemistry, Vol. 23 (2017), 61-80.
      National Research Council. A Framework to Guide Selection of Chemical Alternatives (Washington, D.C. : The National Academies Press, 2014).
      McClellan, R.O. “Human Health Risk Assessment : A Historical Overview and Alternative Paths Forward”, Inhalation Toxicology, Vol. 11 (1999), 477–518.
      Reichl, F-X. & Schwenk, M. (eds.) Regulatory Toxicology (Heidelberg : Springer, 2014).
      Shrader-Frechette, K. “Evidentiary Standards and Animal Data”, Environmental Justice, Vol. 1 (3), 1-6.
      Schummer, J. “Ethics of Chemical Synthesis”, HYLE – International Journal for Philosophy of Chemistry, Vol. 7 (2001), No. 2, 103-124.
      Valerio et al. “Testing computational toxicology models with phytochemicals”, Molecular Nutrition and Food Research 54 (2010), 186-194.




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