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Accueil > Séminaires en cours > Approches historiques, philosophiques et anthropologiques des nombres, de la mesure et de la mesurabilité

Axe Interdisciplinarité en Histoire et Philosophie des Sciences

Approches historiques, philosophiques et anthropologiques des nombres, de la mesure et de la mesurabilité




Le Laboratoire SPHERE a ouvert une thématique interdisciplinaire « Approches historiques, philosophiques et anthropologiques des nombres, de la mesure et de la mesurabilité » (voir http://www.sphere.univ-paris-diderot.fr/spip.php?article2019&lang=fr). Un nouveau séminaire est dédié à cette thématique.

Organisation :
Nadine de Courtenay (Univ. de Paris, SPHere), Christine Proust (CNRS, SPHere)

Archives : 2017-2018, 2018-2019, 2019-2020, 2020-2021

PROGRAMME 2021-2022

Le séminaire, mensuel, se réunit les mercredis, salle Malevitch, 483A, Université de Paris, Building Condorcet, 4, rue Elsa Morante, 75013 - Paris (plan).
Date Horaire Titre Organisation
16/11 9:30–13:00 Autour de la « valeur vraie » d’une grandeur et de l’analyse des incertitudes dans la mesure : enjeux épistémologiques et didactiques F. Grégis
15/12 9:30–13:00 Quantité dans les mathématiques du XVIe siècle K. Chemla
19/01/2022 9:30–13:00 Echelles en sciences sociales E. Lejeune
16/02 14:00–17:30 tba S. Hijmans
9/03 14:00–17:30 Entre mesure et calcul : histoire des instruments mathématiques M. Pégny
20/04 tba tba N. de Courtenay
18/05 9:30–17:30 Histoire matérielle des Instruments de mesure S. Hijmans, M. Lacomme
22/06 9:30–13:00 tba A. Keller
Les détails des séances seront affichés sur cette page au cours de l’année et annoncées via nos mailing listes

 !! mardi16 novembre 2021, 9:30 – 13:00, !! salle Malevitch, 483A !!


: : Autour de la « valeur vraie » d’une grandeur et de l’analyse des incertitudes dans la mesure : enjeux épistémologiques et didactiques

Séance organisée par F. Grégis


Si l’analyse des incertitudes de mesure est reconnue comme un élément fondamental de la démarche scientifique expérimentale, de nombreuses questions continuent à être soulevées quant à sa méthodologie et l’interprétation des concepts qui y sont mobilisés. Les nombreux débats passés et présents qui ont animé différentes disciplines scientifiques, et en particulier la métrologie, en sont le témoin. Récemment, ces questionnements ont suscité l’intérêt de travaux épistémologiques (Mari 2003 ; Tal 2011 ; De Courtenay & Grégis 2017). En parallèle, l’enseignement des incertitudes de mesure et des méthodes expérimentales se révèle tout aussi délicat, et a fait l’objet de divers travaux en didactique des sciences (Séré 1993 ; Maisch 2009 ; Munier et al 2013 ; Caussarieu & Tiberghien 2017) accompagnés de réflexions sur la constitution des programmes du secondaire (Robert-Schwartz & Treiner 2003 ; Browaeys et al 2021).

Il semble qu’un certain nombre de questions se cristallisent autour d’un concept qui se révèle polémique, celui de « valeur vraie » d’une grandeur physique, souvent mobilisé dans la définition de « l’erreur de mesure », et qui serait le résultat d’une mesure dite « parfaite », sans erreur. En effet, l’appel à ce concept présente plusieurs difficultés. Celui-ci véhicule une importante charge métaphysique, et laisse en quelque sorte entendre que la mesure permettrait d’accéder à « la vérité » en elle-même. Ce glissement a suscité la méfiance des métrologues et des scientifiques en général, lesquels ont parfois plaidé pour que l’on retire le terme de « valeur vraie » hors du vocabulaire et du formalisme de l’analyse d’incertitude (ISO 1993, Treiner 2011). La charge métaphysique du concept de valeur vraie d’une grandeur se répercute aussi dans la façon dont les étudiants appréhendent la mesure en TP, et participe à entretenir chez eux l’idée qu’il existerait une « bonne » valeur dont ils auraient pour tâche de s’approcher le plus possible. Cela introduit un biais qui complique l’analyse critique des résultats d’expérience. On peut donc se demander, d’une part si la référence à la « valeur vraie » dans la mesure est conceptuellement valide, et d’autre part si cet emploi, qu’il soit valide ou non, n’entrave pas la bonne compréhension des étudiants et des scientifiques.
Cette séance du séminaire « Approches historiques, philosophiques et anthropologiques des nombres, de la mesure et de la mesurabilité » a pour objectif de croiser des regards issus de la physique, de la didactique des sciences et de la philosophie des sciences pour aborder les questions liées à la pertinence, la portée et la difficulté du concept de valeur vraie d’une grandeur, et plus généralement pour revenir sur les enjeux conceptuels, épistémologiques et didactiques liés à l’analyse des incertitudes de mesure.

  • Fabien Grégis (SPHere)
    La valeur vraie d’une grandeur physique : problèmes épistémologiques et conceptuels
  • Valérie Munier (LIRDEF, Univ. Montpellier)

. . .

REFERENCES
– Browaeys, J. (2021). La relation de conjugaison et la régression linéaire Première partie : critique. Le Bulletin de l’Union des Professeurs de Physique et de Chimie, 115(1032), 347-365.
– Caussarieu, A., & Tiberghien, A. (2017). When and why are the values of physical quantities expressed with uncertainties ? A case study of a physics undergraduate laboratory course. International Journal of Science and Mathematics Education, 15(6), 997-1015.
– De Courtenay, N., & Grégis, F. (2017). The evaluation of measurement uncertainties and its epistemological ramifications. Studies in history and philosophy of science Part A, 65, 21-32.
ISO (1993). Guide to the expression of uncertainty in measurement.
– Maisch, C. (2010). Étude des raisonnements d’étudiants sur la mesure en TP de physique de première année universitaire : Influence du contexte et effet de rétroaction (Thèse de doctorat, Université de Grenoble).
– Mari, L. (2003). Epistemology of measurement. Measurement, 34(1), 17-30.
– Munier, V., Merle, H., & Brehelin, D. (2013). Teaching scientific measurement and uncertainty in elementary school. International Journal of Science Education, 35(16), 2752-2783.
– Robert-Schwartz, C. et Treiner, J. (2003), Incertitudes des mesures de grandeurs, in Kahane, J.-P.(dir.), Commission de réflexion sur l’enseignement des mathématiques, annexe sur la statistique, pp.6–17.
– Séré, M. G., Journeaux, R., & Larcher, C. (1993). Learning the statistical analysis of measurement errors. International Journal of Science Education, 15(4), 427-438.
– Tal, E. (2011). How accurate is the standard second ?. Philosophy of Science, 78(5), 1082-1096.
– Treiner, J. (2011), Variabilité, incertitude, erreur, Bulletin d’Union des Physiciens, 105(930), pp.9–14.



Mercredi 15 décembre 2021, 9:30 - 13:00, hybride

Pour nous rejoindre en ligne (Zoom) s’il ne vous est pas possible d’être présent, merci d’écrire au plus tard 48h avant la séance à karine chemla, avec le mot-clé : « mesures-15-12-21 » dans l’objet du mail

Quantité dans les mathématiques du XVIe siècle

Séance organisée par K. Chemla

  • Pier Daniele Napolitani (Université de Pise)
    Peut-on sortir d’une cage tout en y restant dedans ? Maurolico et la quantité générale.
    Entre les XVIe et XVIIe siècles, dans le sillage de la redécouverte des œuvres d’Archimède, la recherche d’une approche dépassant celle des mathématiques grecques s’est développée sous des formes diverses. Cette tension est évidente dans la vaste œuvre de Francesco Maurolico (1494-1575). Dans un effort pour harmoniser son approche de la géométrie de la mesure avec celle d’Archimède, il en vient progressivement à concevoir une théorie de la « quantité générale », sorte de lieu commun entre quantité discrète et quantité continue. Cette théorie, qu’il développe dans le deuxième livre de son Arithmetica speculativa, doit servir de base à une refondation globale de toute connaissance mathématique. Mais, malgré de nombreuses réalisations remarquables, l’effort de Maurolico sera voué à se replier sur lui-même.
    Nous essaierons de comprendre les causes de cet échec lié à l’origine même du projet maurolicien : améliorer et enrichir le paradigme des mathématiques grecques sans toutefois comprendre la signification perturbatrice de l’algèbre.
  • Toni Malet (Université Pompeu Fabra), en ligne
    Measuring and conceptual change in early modern mathematics : Niccolò Tartaglia as a case study.


Mercredi 9 mars 2022, 14:00–17:30

Entre mesure et calcul : histoire des instruments mathématiques

Séance organisée par M. Pegny

L’étude des instruments constitue une source matérielle majeure pour les historiographies de la mesure et du calcul. Durant cette séance, nous accorderons une attention toute particulière aux instruments analogiques, ces instruments manipulant le continu que le succès du modèle numérique a relégués dans l’oubli, et aux problèmes conceptuels que posent leur classification comme instrument de mesure ou instrument de calcul.

  • Loïc Petitgirard (CNAM)
    Mesurer et calculer : de l’histoire des instruments « réalisant une transformée de Fourier »
    L’exploration de l’histoire des instruments « réalisant une transformée de Fourier » livre une pléiade d’objets qui sont par conception des instruments de mesure doublés d’instruments de calcul. Dans les spectromètres à transformée de Fourier, dans les dispositifs pour la cristallographie par rayons X, dans l’optique de Fourier, la capacité à faire une mesure ne prend sens que parce qu’elle est combinée à une capacité de calcul (d’inversion) de transformée de Fourier. Par principe, et en pratique, ces instruments agrègent et font système de dispositifs dédiés à la mesure et d’organes de calcul. Selon que ces instruments sont analogiques ou numériques, les modalités de cette hybridation mesure / calcul sont différentes. Si on y ajoute les impératifs d’automatisation des procédures et des résultats, la capacité à livrer un résultat en temps-réel, les choix de conception et les types d’instrumentations possibles ont été encore multipliés ….au moins jusqu’à l’introduction et la diffusion massive du célèbre algorithme de FFT (Fast Fourier Transform – 1965). L’exposé vise à donner un aperçu de quelques-unes de ces hybridations, et tentera d’en dresser une typologie permettant de dépasser les catégories classiques : instrument matériel vs instrument mathématique ; instrument de mesure vs instrument de calcul.
  • Maël Pégny (post-doc in AI Ethics, Carl Friedrich von Weiszäcker-Zentrum, Universität Tübingen)
    Mesure ou calcul ? Enjeux historiques et philosophiques de la classification des instruments analogiques
    L’histoire des instruments de calcul analogiques est décisive pour la compréhension de l’histoire des techniques computationnelles, dans la mesure où elle s’inscrit dans le temps long et joue un rôle décisif pour des domaines majeurs de la demande de calcul, comme le calcul astronomique ou la simulation de grands problèmes d’ingénierie. L’examen des sources matérielles pose cependant des problèmes redoutables de délimitation et de classification : qu’est-ce qui doit compter comme instrument de calcul par opposition à un instrument de mesure ? Qu’est-ce qu’un dispositif de calcul automatisé ? Qu’est-ce qu’une machine de calcul par opposition à un dispositif de simulation ou de visualisation ? Répondre à ces questions implique un retour philosophique sur les sens de ces classifications, et les problèmes théoriques qu’elles nous aident à résoudre.





INFORMATIONS PRATIQUES

Accès : Métro ligne 14 / RER C / Station : Bibliothèque François Mitterrand
Métro ligne 6 / Station : Quai de la Gare
Bus 64 / Arrêt : Tolbiac-Bibliothèque François Mitterrand
Bus 62 & 89 / Arrêt : Avenue de France or Bibliothèque François Mitterrand (terminus)
Bus 325 / Arrêt : Watt
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