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Accueil > Archives > Séminaires des années précédentes > Séminaires 2020-2021 : archives > Séminaire des doctorants de SPHERE 2020–2021

Axe interdisciplinarité en histoire et philosophie des sciences

Séminaire des doctorants de SPHERE 2020–2021

Coordination : Marie Lacomme (ED 623–Université de Paris, SPHere)

Vers l’année en cours et les archives


PROGRAMME 2020-2021

Les mardis, !! 9h30 – 13h30 !!
Bâtiment Condorcet, Université de Paris, campus Diderot, 4, rue Elsa Morante, 75013 Paris
plan d’accès
22/09/2020 13/10 24/11  !! 15/12 !! 26/01/2021 02/03 23/03 13/04 18/05
IMPORTANT : en raison de la situation sanitaire, le séminaire se tient actuellement en visioconférence (Zoom-Université de Paris). Les modalités de connexion à distance sont précisées pour chaque séance (cliquer sur la date de la séance ci-dessus)
22 septembre 2020
  • YANG Liqiong (ED 623–Université de Paris, SPHere)
    La relation entre l’environnement et la maladie dans les médecines grecque et chinoise au tournant de notre ère (du Ve siècle avant JC au IIe siècle après JC)
    Ma thèse est divisée en cinq parties. La première partie est une introduction sur les médecines grecque et chinoise antiques et sur l ’étude comparative entre les deux. La seconde partie porte sur la traduction française des chapitres du classique médical chinois sur l’environnement et la maladie. Pour certains chapitres (Suwen 1, 2, 3, 4, 5, 12, 33, 35, 42, 66 ; Lingshu 70, 77) du Classique Interne de l’Empereur Jaune, j’ai émis des commentaires sur la traduction française et écrit des notes pouvant servir à la compréhension de ce travail. Ces notes sont basées sur la version anglaise de Unschuld et les notes ont été écrites avec une perspectives sur l’environnement et la maladie en se référant aux travaux de LONG Bojian, YU Yan, MA Shi, ZHANG Zhicong, ZHANG Jiebing et WU Kun. La troisième partie concerne les travaux parallèles sur l ’Air, Eaux, Lieux, Des Vent, Épidémies I et III, l’Art Médical. Je vais choisir des paragraphes connexes, faire des commentaires sur la traduction chinoise publiée de Corpus Hippocratique à partir de la version de Jouanna. Les notes écrites donnent une perspective sur l’environnement et la maladie en se référer aux travaux de Littré, Kühn et les nouvelles recherches sur ce sujet. La quatrième partie porte sur la présentation et l’analyse des points communs et des divergences (compréhension de l’environnement, l’impact de l’environnement sur l’équilibre, le type de la maladie, etc.). La dernière porte sur la conclusion. Cette présentation sera basée sur un exemple détaillé du chapitre 12 du Classique Interne de l’Empereur Jaune · Suwen et sur l ’Air, Eaux et Lieux.
  • Arilès Rémaki (ED 623–Université de Paris, SPHere, & ANR Mathesis)
    Séance inaugurale de lecture de texte


13 octobre, !! salle Malevitch, 483A !!

: : Historiographie de la découverte scientifique

  • Gautier Depambour (ED 623–Université de Paris, SPHere)
    Comment l’historien des sciences conçoit-il ses propres découvertes ?
    Quel plaisir de tomber un texte auquel on ne s’attendait pas, de se retrouver par hasard confronté à des idées hors des sentiers battus, d’exhumer sans préméditation des scientifiques oubliés qui ont pourtant eu leur rôle à jouer ! L’historien des sciences est fréquemment confronté à de nouvelles données qui peuvent soudain le conduire à mener ses recherches dans une direction imprévue, rendant caduques projets de thèse et conventions de formation. Dans le travail de l’historien, de telles découvertes suscitent souvent de l’étonnement, parfois de la perplexité, et toujours de l’excitation - c’est probablement ce qui fait le sel de la recherche ! Mais ne nous emballons pas trop vite. Car, après tout, peut-on vraiment parler de découverte ? L’historien des sciences n’est-il pas enchaîné à d’intimes préjugés qui l’incitent à voir des découvertes là où il n’y en a pas ? Celles-ci ne seraient-elles pas de simples écarts par rapport à une certaine vision admise de l’histoire, dite "monumentale", à laquelle l’historien serait lui-même assujetti plus ou moins consciemment ? Dans ce cas, ses découvertes seraient purement illusoires - ou du moins, totalement subjectives. Alors, au moment de restituer les résultats de ses investigations, doit-il chercher à s’en défaire et à les fondre dans une nouvelle version des faits ? Ou au contraire, préférera-t-il conserver l’histoire monumentale afin de tenter d’expliquer comment celle-ci s’est forgée au cours du temps, avant d’utiliser ses propres découvertes pour la remettre en question ? Je proposerai une réflexion autour de ces multiples interrogations à partir de quelques exemples issus de ma première année de thèse.
  • Sarah Hijmans (ED 623–Université de Paris, SPHere)
    Comment découvrir un élément ? Critères de découverte et acceptation des éléments chimiques au XIXe siècle
    Depuis la fin du XVIIIe siècle et pendant la majeure partie du XIXe siècle, les éléments chimiques étaient définis comme étant des substances indécomposables. Pour cette période, il peut donc sembler justifié de considérer comme moment de la découverte d’un élément celui où il a été isolé pour la première fois : ainsi par exemple, on dit souvent que Wöhler a découvert l’aluminium, puisqu’il était le premier à le produire sous forme de substance simple en 1827.
    Or, cette identification, à partir de critères fixes, d’un découvreur par élément, ne permet pas de comprendre toute la complexité des découvertes historiques. À la place, on pourrait se demander : sur la base de quels arguments les chimistes de l’époque ont-ils accepté ce nouvel élément ? Comment modifiaient-ils ces critères de découverte pour répondre à leurs intérêts personnels ? Une fois le nouvel élément accepté, comment sont construits les récits de découverte ?
    À partir du cas de l’aluminium et d’autres exemples, nous réfléchirons à la notion de découverte en histoire de la chimie.
  • Justin Gabriel (ED 623–Université de Paris, SPHere)
    Impact méthodologique en histoire de l’acception processuelle de la découverte scientifique
    La découverte est un problème épineux de la philosophie, de l’histoire et de la sociologie des sciences. Elle met en jeu le rapport d’une entité de recherche – un chercheur, une équipe, un laboratoire, etc – à une communauté qui lui attribuera, ou non, le statut de découvreur, selon des critères socio-institutionnels et épistémologiques relatifs à la structure du champ en question. Les philosophes ont longtemps cantonné la question à la seule épiphanie du chercheur solitaire, mais, durant la seconde moitié du XXe siècle, cette position à largement été battue en brèche par les historiens et les sociologues. L’impossibilité d’une détermination rigoureuse du moment et du lieu d’une découverte, la difficulté de définir l’objet de la découverte sans faire acte de rétrospection, la variabilité des critères de découverte dans les communautés d’acteurs et dans la communautés ‘science studies’ elle-même, ont été autant de fractures dans l’icône romantique du découvreur qu’avait forgée la philosophie. Finalement, il semble souvent plus pertinent pour les historiens et les sociologues de s’intéresser aux jugements de paternité comme à des objets d’étude plutôt que comme à des objectifs de leurs disciplines, et d’envisager une découverte comme un processus d’émergence et de stabilisation d’un élément scientifique au sein d’une communauté sans chercher nécessairement à en déterminer le moment décisif qu’il s’agirait d’appeler « la découverte ». Durant mon intervention, je tenterai de déployer les implications méthodologiques pour le travail de l’historien d’une telle caractérisation de la découverte. À partir d’un travail que j’ai effectué sur "la première observation du méson K" par Louis Leprince-Ringuet et son équipe en 1944, nous verrons notamment comment l’aspect processuel de la découverte rejaillit sur la manière que l’on peut avoir de faire l’histoire d’une entité physique.


24 novembre, !! visioconference !!
: : Méthodes non conventionnelles en histoire ou en philosophie des sciences

  • Gautier Depambour (ED 623–Université de Paris, SPHere)
    Faut-il mettre des équations dans sa thèse ?
    L’histoire des sciences semble partagée entre deux méthodes distinctes. L’une, dite « internaliste », consiste à faire une histoire des idées en tâchant d’établir des liens logiques entre elles, sans nécessairement se soucier de leurs conditions d’apparition. L’autre, dite « externaliste », consiste plutôt à faire une histoire sociologique et institutionnelle, en intégrant des aspects instrumentaux, psychologiques, économiques, voire politiques. Aujourd’hui, il semble que la vision externaliste ait la préférence des historiens. J’ai ainsi été étonné de constater qu’il est par exemple possible d’écrire une histoire complète du laser en Amérique dans les années 1950-70 (Bromberg, 1991) sans écrire une seule équation. Mais peut-on vraiment s’en passer ? En particulier, peut-on aborder l’histoire de l’optique quantique – sujet de ma thèse – sans rentrer dans le détail de la physique et des mathématiques sous-jacentes ? A partir de quelques exemples, je montrerai qu’une vision exclusivement externaliste apparaît réductrice, et qu’il est pertinent d’intégrer quelques équations et démonstrations théoriques dans sa thèse.
  • Edgar Lejeune (ED 623–Université de Paris, SPHere, & LATTICE)
    Comment rendre intelligible les relations entre des phénomènes hétérogènes dont les connexions historiques ne sont pas attestées ?
    En 1989, l’historien italien Carlo Ginzburg publie une synthèse à propos de certaines manifestations de croyances populaires que la répression des inquisiteurs a contribuées à regrouper sous le terme de "sabbat". Face à des phénomènes singuliers, voire surnaturels (voyages nocturnes, bataille avec le diable, lycanthropie), mais aussi dispersés à travers l’Europe (Italie, Prusse, Hongrie, Grèce, etc..), Ginzburg tente de tisser des liens qu’aucun document historique ne permet de vérifier. Pour mener cette enquête, il s’inspire de modèles méthodologiques empruntés à la linguistique structurale (morphologie historique), à la biologie (cladistique) et à l’anthropologie (analyse structurale). Je présenterai brièvement les questions épistémologiques que soulèvent son enquête, avant d’ouvrir la discussion sur les limites des méthodes "conventionnelle" de l’historien.
  • Arilès Rémaki (ED 623–Université de Paris, SPHere)
    Génétique de manuscrits
    Pour lire un document, contentant du textes, des figures, des tables etc., il est nécessaire de suivre un protocole qui établit les relations logiques et syntaxiques qu’entretiennent les différentes composantes du matériau. Lorsqu’il est destiné à être publié, cette démarche est largement implicite et donnée pour grande part par le sens de lecture, qui est un savoir commun. Mais cette structure peut totalement disparaître dans le cas des brouillons et documents de travail, qui ne sont pas produits dans l’objectif d’être lus mais uniquement dans le but d’incarner sur le papier le fil de la pensée. L’auteur peut se permettre de garder pour lui ces liens implicites, pourtant nécessaires à la compréhension de son discours.
    Pour établir un mode de lecture pertinent de telles sources, la reconstitution du processus d’écriture constitue la principale option donnée à l’historien. Etant donnée la nature extrêmement lacunaire du matériau, une telle entreprise emprunte inéluctablement la route périlleuse des interprétations, rendant parfois la publication de ses conclusions non-envisageable. La reconstruction des processus cachés au sein des documents de travail d’un auteur devient alors elle-même un processus caché dans le travail de l’historien. Néanmoins, malgré son caractère spéculatif, ce travail reste riche d’enseignements et mérite d’être questionné méthodiquement. C’est ce que le présent exposé se propose de faire, en s’appuyant sur l’exemple d’un manuscrit de Leibniz portant sur des "exposants métaphysiques".


15 décembre, en visioconférence !! 10:00–12:00 et 13:00–15:00 !!
: : Constituer un corpus

  • Edgar Lejeune (ED 623–Université de Paris, SPHere, & LATTICE)
    Un modèle statistico-linguistique de construction d’un corpus en histoire : le cas du logiciel ALINE de l’Équipe de Recherche Autonome 713 (1972-1975).
    Au début des années 70, en Europe, quelques équipes de recherche composées d’historiens, de paléographes, de linguistes, de philologues et de statisticiens travaillent avec des programmes de traitement automatique des textes. On peut citer pour la France l’équipe bien connue de l’École Normale Supérieure de Saint Cloud, mais aussi les équipes du Centre de Recherche et d’Applications Linguistiques de Nancy (CRAL) ou celle de la section diplomatique de l’Institut de Recherche et d’Histoire des Textes (IRHT), ou encore, pour la Belgique les équipes du Laboratoire d’Analyse Statistique des Langues Anciennes à Liège (LASLA), ou le Centre de Traitement Électronique des Documents à Louvain (CETEDOC). La plupart de ces programmes ont pour points communs de fournir les renseignements suivants à leurs utilisateurs : dictionnaire de formes, indices de fréquences, références des formes et concordances. Mais si les acteurs de cette histoire notent les points communs entre les résultats des traitements opérés par ces programmes, ils notent aussi les limites quant à la forme des données au moment de l’entrée en machine : certains programmes sont plus « adaptés » aux études philologiques, d’autres à l’histoire contemporaine, à la diplomatique ou à la paléographie. Ces particularités associées à chaque programme sont le fruit des contextes et des logiques de création de ces outils, qui ne répondent pas aux mêmes impératifs en fonction des disciplines concernées, des sources analysées, des objectifs de recherches poursuivis ou encore des moyens humains et économiques à la disposition des chercheurs. Mais ce sont encore les modes de constitution et de conceptualisation des corpus qui conditionnent les usages possibles de ces programmes informatiques.
    C’est dans ce contexte qu’une équipe de médiévistes de l’université Paris 1, l’ERA 713, décide de se lancer à partir de 1972 dans la création d’un programme d’analyse linguistique spécifiquement dédiée aux problèmes que posent les textes médiévaux dit "littéraires", le programme ALINE. Au cœur de cette entreprise, Jean-Philippe Genet, historien spécialiste de l’histoire politique du bas Moyen-Age, s’inspire des méthodes développées par ses collègues linguistes et statisticiens. L’enjeu de cette communication est de présenter les logiques de constitution des corpus dans ce contexte. Qu’est-ce qu’un texte « littéraire » ? Selon quels critères ces textes sont-ils rassemblés, et pour poursuivre quels objectifs de recherche ? Quelles sont les particularités de ces corpus ayant vocation à être exploité à l’aide d’un programme informatique ? Enfin, quels sont les limites inhérentes au mode de constitution de ces corpus ? Pour répondre à ces questions je m’appuierais à la fois sur les archives du projet ALINE, sur les publications des travaux ayant utilisés le programme, mais aussi sur des entretiens avec les principaux acteurs de la conception de ce programme.
  • Gautier Depambour (ED 623–Université de Paris, SPHere)
    Comment l’historien des sciences peut-il gérer la récente profusion des sources primaires ?
    L’historien des sciences qui travaille sur un sujet récent - disons, au-delà de la première moitié du XXe siècle - se trouve confronté, me semble-t-il, à deux difficultés majeures. D’abord, il doit faire face à la complexité croissante de la science. Par exemple, à moins d’adopter un point de vue purement externaliste (mais est-ce seulement possible ?), faire l’histoire de la théorie des cordes ou de la géométrie algébrique exige un niveau de technicité inédit, qui pose la question des compétences que l’historien doit acquérir pour aborder ce type de sujet. Mais ici, nous nous pencherons plutôt sur la seconde difficulté, à savoir : l’abondance inexorablement croissante des sources primaires. Par exemple, dans le domaine qu’il étudie, l’historien peut se retrouver submergé par les publications, dont le nombre a augmenté de façon exponentielle depuis le milieu du XXe siècle. Cette profusion des sources primaires (certainement encore amplifiée aujourd’hui avec l’essor d’Internet) est sans aucun doute un phénomène nouveau qui demande sinon de réinventer le travail de l’historien des sciences, du moins d’imaginer de nouvelles méthodes pour faire le tri parmi cette gigantesque quantité d’informations. Alors, dans ce contexte, comment peut-on parvenir à se constituer un corpus à la fois cohérent, bien délimité, et qui demeure échelle humaine ? Je tâcherai de donner quelques éléments de réponse issus de mes propres travaux de recherches, qui s’étendent des années 1950 aux années 1980.
  • Flora Vachon (ED 623–Université de Paris, SPHere)
    La constitution d’un corpus pour une généalogie de la paléogénétique/génomique humaine
    Au cours des 40 dernières années les études génétiques des restes humains ont connu une ascension extrêmement importante au sein de la constitution du savoir sur les espèces humaines, notamment permise par l’évolution des méthodes et techniques en génétique. D’abord porté sur des fragments d’ADN ancien mitochondriaux, puis sur des fragments d’ADN ancien autosomal, ces études génétiques ont eu accès en 2010 aux génomes nucléaires d’humains disparus. Ce nouveau champ d’étude, que l’on appelle paléogénétique (lorsqu’il s’agit de l’étude de fragments d’ADN) ou paléogénomique (lorsque l’on étudie un génome complet) s’est constitué en prenant appuie sur un ensemble de connaissances, de méthodes, de techniques, provenant de la biologie moléculaire, de la génétique des populations, mais aussi de la paléontologie.
    Je propose ici de vous présenter la construction d’un corpus d’articles de ces études moléculaires sur l’ADN ancien du genre Homo, qui sera utilisé pour reconstruire la généalogie de ce champ de recherche. Cette généalogie est un point central de ma thèse, et devrait me permettre de reconstituer les liens établis entre la paléogénétique/génomique et les disciplines sur lesquelles elle prend appui pour la construction de ses protocoles et méthodes d’analyses. Mon objectif est donc de faire une histoire des études génétiques des restes humains anciens, en insistant particulièrement sur la place de la biologie moléculaire, de la génétique des populations et de la paléontologie.
  • Arilès Rémaki (ED 623, Université de Paris, SPHere)
    Que faire des sources manquantes ? Exemple de la découverte de l’exponentielle par Leibniz
    Les sources historiques sont nécessairement lacunaires. Seule une partie des activités humaines laisse une trace à laquelle l’historien peut avoir accès. La démarche historiographique s’est construite sur ce postulat et l’idée que de nombreux aspects du passé soient tout simplement perdus à jamais ne pose pas de difficultés méthodologiques en soi.
    C’est lorsque le corpus est très dense que des complications émergent toutefois. En effet, au lieu de présenter un fait sous une forme unique et donc univoque, un corpus très fourni offre aux historiens une multitude de fragments, de reformulations dispersées et morcelées qui entravent l’intelligibilité du discours. Ainsi, paradoxalement, en ajoutant des sources, on crée des sources manquantes.
    Le corpus leibnizien est de ce type. L’objet de la présentation sera donc d’illustrer comment se joue cette problématique au sein du corpus leibnizien, en s’appuyant sur un exemple très concret : la construction de la série exponentielle.


26 janvier 2021

: : La réplicabilité en physique et en chimie : études de cas

  • Justin Gabriel (ED 623–Université de Paris, SPHere)
    Observation exceptionnelle et reproductibilité : une étude de cas en histoire de la physique des particules
    À partir de la fin des années trente et durant une dizaine d’années, l’équipe du laboratoire de rayon cosmique de l’école Polytéchnique dirigée par Louis Leprince-Ringuet a développé une méthode de mesure de masse des rayons cosmiques qui permit d’obtenir les mesures les plus précises de l’époque, mais dont chaque résultat important ne fut jamais obtenu que "par grande chance". Cette méthode permit entre autre de fournir la première indication de l’existence du Kaon. L’étude de la réception de ce résultat montre qu’en dépit de la confiance que l’équipe accordait à sa méthode, notamment en raison de son fondement mécaniste, elle fut un frein à la reconnaissance de cette observation. Cet exemple est l’occasion de réfléchir au problème de l’irreproductibilité d’un résultat par ailleurs difficilement contestable. L’impact de cette irreproductibilité sur la réception du résultat permet aussi de questionner l’existence d’une tradition du "golden event" telle que décrite par Peter Galison dans Image and Logic.
  • Sarah Hijmans (ED 623–Université de Paris, SPHere)
    Le rôle de la réplication dans l’acceptation de nouveaux éléments chimiques, 1800-1870
    Lorsqu’ils devaient prouver qu’une substance était élémentaire, les chimistes du XIXe avaient recours à plusieurs types d’arguments, autant théoriques qu’expérimentaux. Il était courant d’accepter la réplication d’une expérience comme validant une découverte : si plusieurs chimistes pouvaient obtenir le même résultat expérimental, cela lui donnait plus de robustesse. Inversement, si personne ne pouvait reproduire une expérience, cela réfutait généralement le fait observé. Il y a cependant des cas où la réplication ne jouait pas le même rôle dans l’acceptation d’un nouvel élément. Pour des raisons théoriques ou mêmes sociaux, l’impossibilité de reproduire une expérimentation pouvait ne pas mener à la réfutation d’une découverte.
    A partir de quelques exemples de réplications d’expériences chimiques du XIXe siècle, nous nous demanderons : que peut-on dire sur l’importance de la réplicabilité des expériences, dans ces cas d’étude et plus généralement ? Peut-on établir une hiérarchie entre arguments théoriques et expérimentaux dans le discours des chimistes du XIXe siècle ?


2 mars

: : Séance organisée par Sarah Hijmans (ED 623–Université de Paris, SPHere)

Lecture et discussion sur le texte de Paul Feyerabend, "Consolations for the specialist" in Criticism and the Growth of Knowledge, ed. Imre Lakatos & Alan Musgrave (Cambridge : Cambridge University Press, 1970)



23 mars

: : Les modèles

  • Eymard Houdeville (ingénieur chez TextMe)
    De la logique inductive à l’apprentissage formel : les modèles de l’enquête scientifique
    Ce qui constitue la science, ce ne sont pas tant des conclusions correctes qu’une méthode correcte. Mais la méthode de la science est elle-même un résultat scientifique » (Peirce). Prendre la méthode scientifique elle-même comme objet d’étude implique de considérer la façon dont celle-ci permet ou non à la croyance de se fixer « à la limite » de nos expériences. Je me propose d’introduire la façon dont on peut modéliser des processus d’apprentissage (des modèles d’enquête scientifique) à l’aide de formalisations logiques introduites par Putnam et Gold à la croisée historique des sciences cognitives et de l’informatique théorique dans les années 1960-1970 (a), d’introduire le formalisme contemporain de l’apprentissage formel né dans les années 1990 (b) de revenir sur un résultat fondamental de cette jeune discipline (c) et terminer ma réflexion en ouvrant sur des liens entre philosophie et machine learning aujourd’hui (d).
    La capacité d’un protocole à « fixer la croyance » dépend à la fois de la nature objective de nos problèmes, leur topologie pourrait-on dire, et de la façon dont nous parvenons à explorer plus ou moins efficacement l’espace des solutions de ces derniers, à formuler les bonnes hypothèses : mon objectif est de replacer le machine learning, les théories de l’apprentissage formel, dans la tradition et les grands problèmes philosophiques du XXe siècle, de montrer comment ils permettent de renouveler certains problèmes épistémologiques classiques.
  • Flora Vachon (ED 623–Université de Paris, SPHere, et Cermes 3)
    Les modèles d’évolution dans l’analyse de l’ADN ancien
    À partir des années 90 en France, une communauté de scientifiques centrée autour de la pratique de la paléogénétique a émergé. Cette communauté, s’organisant au fil des années autour d’objectifs communs dans le but de maîtriser ce nouvel objet, l’ADN ancien, fait rapidement part de la nécessité d’élaborer des protocoles méthodologiques et d’analyses propres à ce nouvel outil. En effet, si les modèles d’analyses en paléogénétique proviennent principalement de disciplines portées sur l’ADN moderne, leur application sur de l’ADN ancien n’est pas sans poser de nombreuses difficultés pouvant amener à une surinterprétation des résultats. Des difficultés liées au manque de fiabilité des séquences d’ADN ancien : la production de telles séquences demande de prendre en compte dans les protocoles d’extraction, d’amplification et de séquençage un ensemble de problèmes techniques (contamination, conservation, inhibition) plus prononcés que pour l’ADN moderne. Pour cette présentation, je propose d’exposer ce rapport entre modèles et techniques de production des séquences d’ADN ancien. Je reviendrais plus précisément sur les risques, lors de l’analyse de l’ADN ancien et de son utilisation pour la construction des phylogénies, que peuvent poser l’utilisation des modèles classiquement utilisés en génétique des populations.
  • Marie Lacomme (ED 623–Université de Paris, SPHere)
    Interactions entre modèles et observations de terrain aux débuts de la primatologie
    Au début du XXème siècle, les expéditions pour observer les primates non humains en milieu naturel se multiplient (Sussman 2017). À cette époque, la volonté de ces premiers « primatologues » n’est pas de mieux connaître ces espèces pour elles-mêmes ; leur motivation réside dans l’espoir de mieux comprendre l’évolution humaine. À la fin des années 1920 et au début des années 1930 par exemple, Harold Bigham, Henry Nissen et Solly Zuckerman observent respectivement des gorilles, des chimpanzés et des babouins sauvages ; les deux premiers sont psychologues et s’intéressent à l’évolution de la cognition humaine, le troisième à l’origine de la socialité. Certains des ouvrages qui résulteront de ces expéditions influenceront durablement la primatologie. Celui de Solly Zuckerman par exemple, The Social Life of Monkeys and Apes (1932) avec sa description inédite du comportement des babouins, jouera un rôle important dans la diffusion d’un "modèle babouin" de l’évolution humaine.
    Lors de cette présentation, nous nous intéresserons à travers l’étude du cas de Zuckerman aux liens entre ce type de modèles de l’évolution humaine et les observations de primates non humains en milieu naturel. Dans le contexte d’une primatologie naissante et en cours de constitution, nous essaierons en particulier d’analyser les dynamiques d’influences croisées entre ces deux aspects de la recherche.


13 avril
Pour participer à distance, merci d’écrire au plus tard le lundi 12/04 à : marielacomme ( at ) hotmail.fr
avec pour objet "Zoom SPHere 13-04-2021"

Séance des étudiants du master Lophiss
: : Le public et la science

  • Nadège Lemarchand (master LOPHIS, Université de Paris)
    La communication du CERN sur l’environnement
  • Jean-Baptiste Fiquet (master LOPHIS, Université de Paris)
    Vulgarisation scientifique : présentation du livre L’opinion publique et la science : à chacun son ignorance, de Bernadette Bensaude-Vincent


18 mai

: : La place du philosophe dans un laboratoire scientifique









INFORMATIONS PRATIQUES

* Bâtiment Condorcet, Université de Paris, campus Diderot, 4, rue Elsa Morante, 75013 - Paris ;
plan d’accès.
Calculer votre itinéraire avec le site de la RATP

Metro : lignes 14 and RER C, arrêt : Bibliothèque François Mitterrand ou ligne 6, arrêt : Quai de la gare. Bus : 62 and 89 (arrêt : Bibliothèque rue Mann), 325 (arrêt : Watt), 64 (arrêt : Tolbiac-Bibliothèque François Mitterrand)

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